HumilUatem mentis habita carnis ostendit. (in Marc
tendant qu'un mol de son cœur, pour lui rendre ses bonnes grâces et exaucer ses vœux.
Père ! Père ! Père ! Jésus répète toujours la même chose : Eumdem sernionem dicens. Sa prière est parfaite ; d'un mot, elle peut tout obtenir, mais il la redit et la prolonge, pour nous apprendre à ne point nous lasser de prier.
Nous reconnaissons ici toutes les qualités de la prière : l'humilité, la piété, la persévérance. Ecoutons maintenant ce que demande l'Orante divin.
« Père, s'il est possible, que ce calice passe loin de moi ! » — Avons-nous bien entendu ? Jésus demande à son Père un bien temporel. N'est-ce pas, dans un si grand moment, un objet indigne de ses vœux, et ne croirait-on pas que les douleurs de l'agonie troublent son intelligence, et lui font oublier l'ordre des biens ? — Erreur. — Jésus prosterné dans la grotte de Gethsémani souffre à en mourir, mais il se possède tout entier. S'il demande un bien temporel, c'est que l'heure est venue de le demander pour nous instruire. Dans le cénacle, il nous a montré les biens supérieurs vers lesquels nous devons diriger d'abord nos désirs et nos prières. Il a demandé à son Père la glorification de sa doc-
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trine,car c'est la vie éternelle que l'on connaisse Dieu et celui qu'il a envoyé : son Fils, Jésus- Christ 1 ; il a demandé la conservation de ceux qu'il a choisis, car ils doivent travailler au salut du monde ; il a demandé l'effusion de l'amour divin, et l'unité de toutes les âmes en Dieu, car c'est la consommation de tous les biens dans le plus parfait des biens. Au jardin de l'agonie, il nous apprend ce que nous pouvons demander. Et parce que, de tous les biens temporels, le meilleur est celui qui nous rappelle les jours heureux où nous étions exempts de toute douleur, Jésus nous apprend à prier dans la douleur.
La prière n'est pas toujours notre premier refuge quand nous souffrons, cependant, dit saint Laurent Justinien, « nous sommes loin d'être aussi forts et aussi patients que le Sauveur, qui, dans son agonie, recourut à cette consolation » 2. — Il demande à son Père d'être délivré de l'excès de ses maux, et, bien que le calice n'en soit pas diminué, il est pourtant exaucé ; car un ange vient du ciel pour réconforter sa nature défail-
1. Hœc est vila œlerna, ut cognoscant te, Deum verum, et quem misisti Jesum Christum (Joan., cap. xvii, 3).
2. Numquid tu Christo forlior aul Salvatore constantior ? nie in agone constitulus, ad oraiionis solatium declinavit (De Christ, agon., 6),
lante ; il est exaucé, car son humanité sainte puise clans les consolations d'en haut une plénitude de force qu'elle va, tout à l'heure, déployer avec une splendeur incomparable, au milieu des opprobres et des souffrances.
Cette touchante histoire de THomme-Dieu est l'histoire de tous ceux qui recourent à Dieu dans les moments critiques où la nature trop éprouvée est prête à succomber sous le faix des maux qu'elle endure.
La solitude égoïste que cherchent obstinément certaines âmes, comme pour mieux entendre leurs murmures, leurs plaintes, leurs blasphèmes, est une barbarie et une impiété.
Le croirait-on, il y a des âmes aveuglées par un si grand orgueil qu'elles ne veulent demander aucune consolation. Elles croient, par cette attitude, mieux conserver leur dignité ; elles ne font qu'épuiser le peu de forces qui leur restaient pour la lutte, et tout à l'heure, peut-être, elles tomberont anéanties sous les coups vainqueurs de la souffrance. Nous le répétons, il y a là barbarie et impiété.
La douleur a besoin d'être consolée, et parce que les épanchemenls humains ne peuvent nous suffire, bien que la nature nous y incline, l'Oranle divin nous apprend à recourir au Père des