PSALM., VIII
immuables qui versent sur nous leurs tranquilles et intarissables rayons; ces astres errants qui mesurent les temps et les espaces; ce soleil toujours actif et toujours puissant, centre du mouvement qui nous emporte, foyer de la lumière qui nous réjouit et de la chaleur qui fait sourdre partout la vie 1
Le ciel, le firmament, région inexplorée de mille bienfaits : l'ordre, la mesure, le mouvement, la lumière, la chaleur, la pluie, la rosée, les vents ! — Et la t^rre ! où les grands monts reçoivent les neiges et portent les glaciers éternels dont la perpétuelle transpiration alimente les fleuves, les rivières, les ruisseaux, fécondes artères du globe ; la terre, où l'on entend les soupirs et les mugissements des abîmes, où l'on contemple les admirables élans de la mer ; la terre, où Ion voit partout s'étendre comme un vêtement somptueux les plantes, dont les germes meurent et renaissent dans les embrassements du sol, dont les bourgeons éclatent sous les caresses de la brise, dont les fruits mûrissent sous les ardents baisers du soleil ; la terre où naissent et s'agitent des myriades d'êtres animés dans lesquels la vie éclot, se multiplie et progresse jusqu'à ce qu'elle arrive à sa perfection ; bref, l'ordre et l'harmonie de ce vaste univers.
est-ce que tout cela ne nous parle pas de la présence, de la science, de la sagesse, de la puissance de Dieu ? Est-ce que tout cela n'est pas un reflet de son éternelle et infinie beauté ? Ah ! pour peu que l'on soit attentif, on voit, on entend, on sent partout dans la nature, comme une palpitation religieuse, comme un saint frémissement qui cherche à se communiquer à l'âme, et la presse d'adorer son Créateur, son roi, son Père, son Dieu !
Quel témoignage ! Mais les cieux, le firmament, la terre, parlent moins éloquemment que nous-mêmes ! L'homme seul est un spectacle où se révèlent, mieux que partout ailleurs, les adorables perfections de Dieu. La sublime architecture de son corps, la noblesse de son attitude, la savante et parfaiteordonnance de ses membres et de ses organes, l'infinie variété de leurs fonctions sont de si grandes merveilles, que de grossiers admirateurs se sont imaginé que rhomme pourrait finir là où finit en lui la matière. Pourquoi se sont-ils arrêtés au seuil de notre belle nature ? S'ils étaient entrés dans ses profondeurs, ils y auraient rencontré l'esprit qui fait vivre le corps, l'âme, invisible substance, intelligence lumineuse et pénétrante ; immortelle patrie de la pensée, du souvenir, de l'amour et
de la liberté ; l'âme manifestée par l'éclat du regard, les jeux variés de la physionomie, et surtout par le grand don de la parole ; l'âme, véritable image de Dieu et chef-d'œuvre de sa puissance, de sa sagesse et de sa bonté. Et alors, ils auraient dit avec le Psalmiste : « Vos œuvres sont admirables, ô mon Dieu, et mon âme ne peut mieux les connaître qu'en elle-même ! » ^.
Quand la terre fouillée par notre curiosité, nous rend une statue depuis longtemps engloutie, d'une Vénus, ou d'un Apollon, quand le superbe et gigantesque Moïse nous apparaît assis dans le sanctuaire de la basilique Eudoxienne, quand nos yeux rencontrent, dans les Galeries du Vatican, le magnifique tableau de la Transfiguration, notre âme admire ces enfants du génie, et le ravissement qui fait battre nos cœurs, ouvrant nos lèvres, nous saluons Phidias, Praxitèle, Michel-Ange, Raphaël. Et devant la statue vivante qui a servi de type aux chefs-d'œuvre des maîtres, nous ne dirions pas : Salut, ô mon Dieu !
Il faut bien que la nature parle et nous rappelle avec une impérieuse éloquence l'existence et les perfections de Dieu, puisque l'Apôtre saint