‹ La prièreChapitre 20 sur 136 · PSALM., CXL · texte numérisé non relu

PSALM., CXL

bienfaits, joue un rôle important dans le gouvernement divin. Elle se produit en vertu d'une loi éternelle et immuable à l'accomplissement de laquelle l'existence de la nature entière est, jen quelque sorte, suspendue.

j Rien ne subsiste dans le monde, rien ne se imeut, rien ne vit, rien ne progresse, rien ne ■tend à la perfection qu'en vertu de Taction proividentielle de Dieu ; mais l'action providentielle de Dieu ne persévère qu'en vertu du mouvement jreligieux par lequel la créature retourne à son principe, et lui offre à cueillir, dans son œuvre jmême, le seul bien qui soit digne de lui : le bien [de sa gloire. Supprimons ce bien, la créature a'a plus de raison d'être, parce qu'elle n'a plus de fin, et Dieu peut lui dire ce qu'il disait jadis à son peuple : « Tu m'abandonnes, je vais t'abandonner aussi » ^. Il est vrai qu'une seule créature raisonnable peut, par ses hommages, retenir la Providence enchaînée à son gouvernement, tant son âme est supérieure au reste du monde. Mais il est vrai aussi que si, par impossible, toutes les âmes à la fois cessaient de prier, Dieu laisserait tomber de ses mains royales les rênes de l'univers, et, en un clin d'œil,

1. Populas iste derelinquit me... et derelinquam eum. (Deut., cap. XXXI, 16, 17).

tout être s'évanouirait. Songeons à cela : lorsque, spectateurs immobiles des merveilles du monde, nous arrêtons par une résistance impie les admirables élans de notre âme vers Dieu, nous ne sommes plus à notre place, nous devenons inutiles, que dis-je ? nous devenons nuisibles, car nous conspirons contre nous-mêmes et contre la nature entière. Au contraire, lorsque notie âme, par l'adoration et l'action de grâces, monte vers le Père des Cieux, nous devenons, en le glorifiant, les coopérateurs glorieux de son gouvernement.

Pénétrés de ces considérations, rentrant en nous-mêmes, élevons notre âme vers Dieu et disons-lui : — 0 mon Dieu ! mon Maître ! mon Père ! mon bienfaiteur ! Beauté infinie 1 Bonté sans rivage 1 Ne vous ai-je pas trop longtemps méconnu et oublié ? Vous étiez près de moi, vous m'appeliez et je passais des jours entiers sans rien vous dire. Ce n'était pas malice de ma part, mais négligence et préoccupation des choses, qui, pourtant, n'ont de 'prix que parce que vous me les avez données.

Trop longtemps je fus coupable et ingrat ; pardonnez-moi, ô mon Dieu ! Désormais, je ne passerai pas un seul jour de ma vie sans vous

dire : 0 unique beauté digne de nos hommages, je vous adore ! 0 bonté libérale et magnifique, je vous remercie de tous vos bienfaits ! Gloire à vous. Seigneur, dans le ciel et sur la terre ! Nous vous louons, nous vous bénissons, nous vous adorons ; nous vous rendons grâces pour votre plus grande gloire. Adora/nus te, gratias agimiis iibi, propter magnam gloriam taam.

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