GuiLLEM. Parisiensis, [De sacris orcL. cap. iv et v
O Prêtres ! ce n'est pas seulement pour votre sanctification que l'Eglise vous fait prier. N'oubliez pas que tout le peuple chrétien est en vous et prie avec vous : faites en sorte que la ferveur de votre âme s'élève à la hauteur de votre sublime ministère ! Que tous les fidèles, qui bénéficient de votre office, vous honorent de leur profond respect, et s'ils ne peuvent pas mêler toujours, dans un acte sublime et solennel, leur voix à votre voix, qu'ils s'unissent du moins, de temps en temps, par leurs pieuses intentions, à votre prière solitaire !
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La prière d'office, telle que nous venons de la définir et expliquer, peut suffire à l'accomplissement du devoir religieux du peuple chrétien. Cependant l'Eglise, féconde en intentions, quand il s'agit de la gloire de Dieu et des intérêts spirituels de ses membres, a trouvé le moyen de l'élargir, de la prolonger, de la perfectionner.
La famille naturelle, avons-nous dit, est le sanctuaire où se prépare la prière publique. Mais il y a d'autres familles oii elle s'achève, se
PRIERE D OFFICE
complète et devient plus exemplaire et plus puissante ; ce sont les familles spirituelles de ceux qui se séparent du monde, pour penser uniquement à Dieu, et se .consacrer au culte perpétuel du maître adoré qui les appelle et les écoute toujours avec un tendre amour.
Le monde qui n'ouvre sur les mystères de la vie spirituelle que les yeux de la chair, a peine à les comprendre. 11 n'a guère d'estime que pour les œuvres qui visent nos besoins et nos maux corporels. Elles seules, à son avis, ont un but vraiment utilitaire, et peuvent figurer avec honneur dans l'histoire du progrès. 11 se laisse donc toucher par les prodiges de bienfaisance et de dévouement dont la germination s'est accrue parmi nous, depuis plus d'un demi-siècle. Volontiers il admire, avec un de nos auteurs contemporains, « ces êtres charitables qui, renonçant par libre volonté, à ce que la vie contient et promet, recherchent la caducité, la maladie, l'infortune, afin de leur porter secours » ^ Il voit avec plaisir les académies applaudir le récit de leurs exploits, et récompenser leurs vertus. Mais ne lui parlez pas de ces pieux extravagants qui semblent avoir pris le monde en horreur, et vont cacher leur vie derrière de grandes mu-