IV
le mal, la vertu et le vice, la gloire et l'opprobre, il n'y a pas à balancer.
Ainsi muni de la connaissance de lui-même, l'homme devient le maître de son âme, il la possède, et cela vaut mieux, dit l'Esprit-Saint, que prendre des villes : « Melior est qui dominalur animo suo expugnatore urbiiim » ^ Il peut sans orgueil s'estimer plus grand et plus noble que les plus fiers conquérants. L'homme qui se connaît lui-même possède son âme, car il sait de quel côté il peut être trahi, et de quel côté il faut appliquer la répression. 11 sait où les abîmes, où les pierres d'achoppement, où les embûches, où les occasions de péché, et profitant des enseignements de l'expérience, il soi,'tient tous les chocs, plutôt que de dévier du côté du péril. Comme l'habile et courageux écuyer fait sentir le frein et l'étreinte au cheval fougueux, pour contenir ses emportements et prévenir ses écarts, celui qui possède son âme lui fait sentir jusqu'à la douleur, s'il le faut, le frein et l'étreinte des lois salutaires qui la doivent retenir sur le chemin de la vertu. Comparant ce qu'elle est avec ce qu'elle doit être, opposant le devoir aux convoitises, il la convainc,