Loc. cit., sup
ton nom, ô Dieu très Haut ^. — Mon cœur est dans la joie, et ma langne entonne un chant d'allégresse ^. — Mon cœur est prêt, Seigneur, mon cœur est prêt, je vais chanter tes louanges^.
— Debâut, ma gloire ! Debout, mon psaltérion et ma harpe 1 Nous allons confesser le Seigneur au milieu des peuples ! » '*.
Quel magnifique cantique nous pourrions faire, de tous les cris des âmes saintes ! Et nous leur dirions : Silence ! Mais alors, silence au vent qui fait chanter les arbres des forêts ! Silence aux foudres des nuages ! Silence à ces feux souterrains qui chassent devant eux les couches du globe, les déchirent, et s'élancent en gerbes étincelantes vers le ciel ! Oh ! plût à Dieu que l'humanité fût assez éprise de sa beauté et remplie de son amour pour ébranler de ses cris tous les échos du ciel et de la terre !
— Non, nous ne lui dirions pas : Silence ! mais bien plutôt : « Exsiirge. Debout ! — Chantez au
1. Lœîabor et exullabo in te ; psallam nomini îuo altissime. (PSAM., Lix).
2. Lxtatum est cor meum, et exultavit lingua mea (Psalm., xv).
3. Paralum cor meum, Deiis, paratum cor meum, cantabo et psalmum dicam{Ps., lvi).
4. Exsurge, gloria mea, exsurge psalierium et cilhara : Confitebor tibi in populis. Domine, et psalmum dicam tibi in geniibus {Ibid).
Seigneur: Psallite Domino! — Louez le Seigneur, toutes les nations, louez le Seigneur, tous les peuples. — Louez-le par des chants retentissants comme ceux d'un festin » *, ô vous, qu'il a conviés au festin sacré de ses mystères !
Nous venons d'évoquer les peuples, car la forme extérieure et vocale est la forme naturelle et nécessaire de la prière publique. « Si vous ne bénissez Dieu que du cœur, dit l'Apôtre saint Paul, comment répondre Amen à votre prière puisqu'on ne sait pas ce que vous dites ? '- » Ce n'est pas pour prier mentalement que le peuple se réunit dans les temples, mais, ainsi que nous l'avons dit plus haut, « pour honorer Dieu d'une commune voix » ^. C'est par la prière vocale que toute société humaine rend à Dieu l'hommage collectif qu'elle doit à son souverain domaine et à sa providence. — C'est parla prière vocale que les peuples ennoblissent et sanctifient leur langage national, qu'ils s'avertissent
].Laudale Dominum omnes génies, laudale eiim omnes populi. — In voce exullationis et confessionis sonus epnlanlis. (Ps., cxvi, et XLi).
2. Cœlerum si benedixeris spirilu, quomodo dicel amen super luam benedictionem, qaoniam quid dicas nescil (I Cor., cap. XIV, 16).
3. Ul unanimes uno ore honorificetis Deum. (Rom., cap. xv,6).
et préviennent l'oubli de Dieu si fatal à leur existence. — C'est par la prière vocale que s'excite en eux le sentiment religieux, et que ce sentiment trouve des issues aux heures des grandes infortunes ou des grands triomphes. Alors, on ne dit pas à un peuple : « Tiens-toi tranquille et humblement prosterné devant le Seigneur, prie dans ton cœur !» — Il veut une prière, un chant qui exprime son repentir et ses douleurs, sa reconnaissance et sa joie, il veut son Miserere ou son Te Deiim.
Concluons : La prière vocale sanctifie et consacre au Seigneur le don magnifique de la parole ; elle excite à la dévotion ; elle en est l'effet et l'épanouissement ; elle est la forme naturelle et nécessaire de la prière publique. Dans ces conditions, c'est un acte bon, salutaire, religieux et saint.
Nous n'avons pas fini. Il nous reste à dire de la forme extérieure et vocale de la prière une chose qui la justifie plus noblement et plus sûrement que tous nos raisonnements. C'est que c'est une forme instituée par Dieu qui n'a pas
dédaigné de s'occuper lui-même du perfectionnement de son culte ; par conséquent, une forme divine.
Respectant notre liberté, Dieu ne défend ni n'arrête les épanchements de notre âme, quand il nous plaît d'écouter l'inspiration qui nous tourmente, et d'interpréter par des paroles qui sont nôtres, ce qui se passe au sanctuaire de notre dévotion. Il n'est peut-être pas de chrétien fervent qui ne compte en sa vie quelque heure où sa piété lui a inspiré des prières dignes de souvenirs. Ces prières, Dieu veut bien les accepter parce qu'il n'y est pas étranger. Ce sont des actes religieux qui lui appartiennent non moins parce qu'il les inspire, que parce qu'il en est l'objet et le terme. N'est-il pas dit « qu'il a répandu son Esprit dans nos cœurs. Esprit des enfants d'adoption, par lequel nous crions : Mon Père ! Mon Père ! » * — « C'est lui qui vient en aide à notre infirmité, car souvent, nous ne savons pas ce que nous devons demander à Dieu, ni comment il faut le demander, mais ce même Esprit demande pour nous par d'inénarrables gémissements » -.
1. Accepialis Spiritum adoplionis fUioram in quo clamamus : Ahbu, Paler. (Rom., cap viu, 15).