Ibid., cap. XV
la prière, préparez votre âme : Ante oralionem prœpara animam tuam » ^. Si, n'en tenant aucun compte, nous traitons la prière avec légèreté, comme un acte vulgaire, nous sommes mauvais, mali.
C'est avec la suprême majesté de Dieu que nous nous mettons en rapport par la prière ; c'est notre Père des cieux que nous invoquons ; c'est le maître et le dispensateur de toute vie et de toute grâce, disposant les événements au gré de son vouloir souverain, et pouvant suspendre, jusqu'au terme fixé par lui, l'accomplissement de nos désirs. Ne pas s'adresser à lui avec le profond sentiment de sa grandeur et de notre bassesse, avec cette piété sincère et confiante qui est le devoir des enfants, ne pas subir avec une inébranlable constance les délais de sa miséricorde, c'est mal prier, maie.
Enfin il est un suprême rendez-vous où doivent aboutir notre vie et toutes nos actions. Détourner nos désirs et nos vœux vers de périssables objets qui ne peuvent servir à notre éternel bonheur, importuner pour les obtenir, la libérale bonté de Dieu, c'est demander de mauvaises choses, mala petimus.