‹ La prièreChapitre 6 sur 136 · LETTRE DE MGR FUZET A L AUTEUR IX · texte numérisé non relu

LETTRE DE MGR FUZET A L AUTEUR IX

critique quon en puisse faire est qu elles sont hors de la règle.

Comme si les admirables textes employés par notre liturgie, comme si les effusions de leur piété, souvent sublimes, que les Saints, au cours de dix-neuf siècles de cat/iolicisme, nous ont laissées, ne pouvaient suffire à tous les états d^âme et à toutes les circonstances! On compromet ainsi, sans le savoir, le bon renom chrétien. On risque déporter les intelligences sérieuses, mais faciles au scandale, à confondre la piété avec ses excès. On détourne les âmes élevées d'une religion où le commerce avec Dieu leur paraît se passer en fadaises. Soi-même d' ailleurs , à ne s'alimenter que de ces pauvretés, quelle débilité spirituelle ne conlracte-t-on pas ! Quel goût déplorable pour les phrases vides ! Quelle absence de vues sur l'infini dans la communication avec r infini! Quelle anémie morale enfin !

Et néanmoins, dirai-je, on ne prie pas assez. J'' entends par là que trop de personnes, en priant, soucieuses de V abondance, ne tendent pas à V intensité. J'entends encore que l'on fait insuffisamment de sa vie même sa prière principale. Prière, effort vers le bien, devraient aller de pair. Prier, ce n'est pas seulement solliciter, c'est aussi s'abstraire, se concentrer, s'agrandir, pour mieux re-

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