Mattii., cap. vu
reproche : « Homme de peu de confiance, pourquoi avez-vous douté ? Modicse fidei, quare dubitasti ? ^ » Pas d'hésitation, quand nous nous adressons à notre Père des cieux -. Il a ouvert son cœur et donné sa parole : lumière, force, consolation, miséricordieuse assistance, il est prêt à tout nous accorder, si nous lui demandons avec confiance.
Mais prenons garde de trop viser notre intérêt, et d'oublier une qualité essentielle,, souveraine expression de la piété dans la prière, c'est-à-dire l'amour. Sans l'amour, la confiance n'est qu'une misérable spéculation de l'égoïsme sur la toute-puissante bonté de Dieu. Ce que l'on veut pour soi, il faut d'abord le vouloir pour Dieu, et rechercher l'jntérêt de sa gloire avant tous les intérêts. Comme nos adorations et nos actions de grâces, nos demandes ne reçoivent leur perfection que de l'amour. Nous croyons à la présence de Dieu, c'est bien ; nous lui offrons l'hommage de notre profond respect, c'est bien ; nous comptons, pour être exaucés, sur sa toutepuissance et sur sa libéralité, c'est bien ; mais faisons davantage, montrons-lui que nous l'aimons.