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in Epist. I, ad Cor., cap. xiv, Lecl

248 CONDITIONS DE LA PRlÈRF.

se mettre volontairement à la merci de tous les accidents qui déflorent la prière et la rendent inacceptable. Mais si nous faisons appel à toutes les puissances de notre Ame, pour les offrir à Dieu quand nous nous mettons en sa présence, si nous protestons à l'avance et énergiquement contre toutes les distractions qui peuvent survenir, nous serons peut-être surpris par de vaines pensées, d'importuns souvenirs, de vagabondes imaginations ; nous en serons peines et attristés ; peine et tristesse méritoires ! notre prière, fûtelle, troublée par mille divagations, ne laissera pas d'être agréable à Dieu, parce que, en nous recueillant et en protestant, nou-s aurons dégagé notre responsabilité.

Dégager notre responsabilité, voilà le grand point, car « les divagations de l'âme, dit l'angélique docteur, n'empêchent pas la prière d'être bonne et fructueuse, si elles surviennent contre notre dessein bien arrêté et persévérant de prier pieusement », Et pour consoler les ûmes que les distractions affligent, il ajoute ces paroles de saint Basile: « Votre pauvre nature débilitée par le péché, ne peut pas se fixer dans la prière, faites ce que vous pouvez. Dieu se montrera indulgent, dès que ce n'est pas par négligence, mais par fragilité que vous ne pouvez pas

VOUS tenir devant lui, comme il le faudrait » ^.

Pas plus que les distractions, les langueurs, les froideurs, les aridités, les sécheresses, les ennuis, les dégoûts spirituels ne peuvent nuire à la piété de nos prières, si notre âme en souffre courageusement, et ne cesse pas de vouloir s'unir à Dieu par l'amour. Ce vouloir est, selon la pensée de saint Augustin, une bonne et pieuse prière : « Si semper desideras semper oras ».

Sans doute, nous aimerons à goûter les douceurs de la dévotion, ces consolations, ces joies intimes, ces mystérieux attendrissements et tressaillements qui faisaient dire au saint roi David : « Cor meiim et caro mea exultaveriinl in Deum viviim 2 ; Mon cœur et ma chair ont exulté dans le Dieu vivant ». Mais ces faveurs ne sont pas, dans la vie spirituelle, un état fixe. Si Dieu nous les accorde comme un encouragement ou une récompense, remercions-le ; s'il nous les retire, pour éprouver la fidélité et la constance de notre amour, subissons avec résignation ses saintes

1. Evagalio menlis, quœ fil prœler proposilum, orationis fruetum non tollil. Uncle Basilius dicit : Si vero debililalus a peccalo fixe nequis orare, quanliimcumque potes leipsum cohibecis ; et Deiis ignoscit, en quod non est negligentia sed ex fragilitate non potest ut oportet assislere coram eo. (Summ. THEOL., Il'' 11"% queest. lxxxiu, art. 13, ad 3).

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