Si venlri bene. si laleri esl pedibusque luis, nil
Divilix polerunt regales addere majus.
HoRAT., Lib. I, Epist.
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qui ne laissent plus voir les cicatrices des luttes passées que sous l'auréole de leurs victoires, et qui attendent, dans un royal repos, que Dieu les appelle et se montre. Nous demanderons donc une longue vie ; mais à la condition qu'elle ne multipliera pas nos fautes et nos imperfections ; et que Dieu n'aimera pas mieux nous envoyer la mort comme une bienfaisante messagère, pour nous arrêter sur le bord du péché où nous serions perdus sans retour.
Nous pouvons demander la richesse, car la richesse peut s'allier à la véritable grandeur, et en faire ressortir l'éclat. C'est le naturel soutien de la magnificence, le ressort caché d'un progrès que Dieu bénit, et fait servir à sa sainte cause, la protectrice des grandes et généreuses inspirations, là rosée providentielle qui tombe dans le sein du pauvre et le réconcilie avec la société, la servante de l'amour chrétien. Nous demanderons donc à Dieu la richesse, mais pourvu qu'elle soit légitimement acquise, noblement et pieusement dépensée; pourvu qu'elle n'irrite pas cette faim maudite qui tourmente, hélas ! tant de poitrines mortelles ; pourvu que nous ne lui prodiguions pas les servîtes adorations de la cupidité ^ ; pourvu qu^elle ne se traduise pas en un 1. Divlliœ si affluant, nolite cor apponere. (Psalm., lxi).
luxe ridicule, immoral et séditieux ; pourvu que nos passions n'y trouvent pas une tro}) facile complicité i. Autrement, il vaudrait mieux pour nous que Dieu nous rctirût ses biens, et nous laissât lutter dans l'ombre avec la plus affreuse misère.
Nous pouvons demander à Dieu la science, car la science est une participation à cette infinie lumière qui pénètre toutes choses, et en éclaire les plus intimes profondeurs. La science est, après la vertu, la plus haute noblesse dont se puisse glorifier un homme ici-bas. Nous l'estimons plus qu'un sang illustre qui n'a traversé, quelquefois, trente ou quarante générations que pour venir s'éteindre dans un misérable rejeton. Soleil au firmament des intelligences, la science inonde encore le monde de ses splendeurs, quand le savant s'y est éteint dans l'ombre du trépas. Hardi navigateur, elle s'élance à la découverte des vérités humaines ; vaillant soldat, elle couvre de son bouclier les vérités divines. Nous demanderons donc à Dieu la science ; mais qu'elle ne ne produise pas en nous cette enflure d'esprit que Dieu réprouve, et à laquelle il réserve les terribles humiliations de l'erreur et de l'apos-
1 Siepe soient aura inulla suhesse niala. (Tihull., Eletc- ix. Lib. 1).
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tasie ; qu'elle ne devienne pas, falsifiée par notre orgueil, une torche incendiaire au service de Fimpiété ; qu'elle n'ouvre pas devant nos yeux les décevantes perspectives de l'ambition ; qu'elle ne dessèche pas les rivages sacrés du cœur où germent l'amour et les vertus généreuses ; que, toujours humble, toujours pleine de droiture et toujours salutaire, elle soit digne, un jour, de tendre le front à cette lumineuse auréole dont Dieu couronne au ciel la tête des savants. Autrement, mieux vaudrait une rustique ignorance avec cette foi simple et naïve qui marche d'un pas toujours sûr vers le Dieu des petits et des humbles ^
Nous pouvons demander des amis. Un ami, c'est la harpe de David qui dissipe les noires fureurs de l'àme- ; c'est l'enchanteur qui charme les heures trop longues de notre exil ; c'est le devin qui pénètre le secret de nos émotions ; c'est la moitié de nous-mêmes : son cœur est le sanctuaire où se fait le mystérieux partage des joies -et des afflictions. îl conseille, il encourage, il soutient, il console. Un bonheur est
'\. Melior est profecto humills riisticiis qui Deo servit, qiiam siiperbus philosophas qui, se neglecio, cursum cœli considérât. (Imit., Lib. I, cap. ii).