‹ La prièreChapitre 95 sur 136 · II Cor., cap. vu · texte numérisé non relu

II Cor., cap. vu

Comme la prière de demande est un de nos premiers besoins, l'action de grâces est, avec l'adoration, un de nos premiers devoirs ; nous l'avons prouvé dans les deux premiers chapitres de ce traité. Si nous ne comprenons pas ce devoir en le considérant de son côté le plus noble, ayons au moins égard à nos intérêts. C'est une loi que le bienfait retourne au bienfaiteur, c'est aussi une loi que le bienfaiteur se montre d'autant plus généreux qu'il est plus fréquemment et plus sincèrement remercié. i< Rendre grâces, disait un auteur païen, c'est le meilleur moyen de demander : Efflcacissimum germs est rogandi gralias agere » ^. — Il avait raison.

La reconnaissance pousse aux bienfaits tandis que l'ingratitude en tarit la source. « C'est, dit saint Bernard, un vent brûlant qui dessèche la rosée de la miséridorde, et les torrents de la grâce » -. — Un pieux et grave auteur, Rupert ^, se demande « si le premier homme eut pour Dieu tous les sentiments de reconnaissance dont son cœur devait être rempli, pour les grands biens qu'il avait reçus ; s'il n'oublia pas trop

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