Imit., (Lib. II, cap. x
encore contre ce qu'il appelle le méchant vice de l'ingratitude et s'écrier : « Hélas ! hélas ! on ne trouve personne qui rende grâce à Dieu, ou, du moins, que j'en vois peu qui me paraissent remercier Dieu comme il faut, de tous les bienfaits qu'ils ont reçus » '. — « Ils deviennent, selon la parole de saint Irénée, des vases réprouvés où Dieu verse ses rigueurs. S'ils étaient reconnaissants, ils deviendraient des vases d'honneur remplis des dons de la bonté de Dieu et les instruments de sa gloire » -.
Soyons des vases d'honneur, toujours prêts à recevoir de nouvelles faveurs du ciel : et pour cela, n'oublions jamais de remercier Dieu chaque fois qu'il répond à nos demandes, par quelque grâce, soit pour notre corps, soit pour notre âme.
Faisons mieux : que ce soit pour nous l'heure de la prière reconnaissante, chaque fois que le souvenir ou la réllexion nous met en présence des innombrables bienfaits de Dieu. Répondons pieusement et généreusement à cette invitation
1. lieu ! Heu ! \on inrenilur qui agal (jralias Dao... Pauros admodum novimus qui dignas super acceptis benefîciis gralias agere videantur. (Serm. lu, in Canl.).
2. Exceplorium divini judicii homo ingratus ! Exceplorium divins bonitatis et organum glorificalionis ejus homo gralus. [Adv. hxres., LiB. iv, cap. 24).
de Tapôtre : « Gratias agentes semper pro omnibus^. In omnibus gratias agite- : Pour toutes choses, et en toutes choses, rendez grâces à Dieu ».
Pour toutes choses, c'est-à-dire pour tous les bienfaits de la nature : pour l'être que nous avons reçu, pour la vie qui nous esta chaque instant conservée, pour la lumière qui éclaire nos pas, pour l'air que nous respirons, pour la nourriture qui soutient notre existence, pour le vêtement qui couvre notre nudité, pour les services que nous rendent les créatures, pour l'esprit que nous avons, si petit qu'il soit, pour les affections qui réjouissent notre cœur, pour la liberté qui fait de nous les êtres les plus nobles de ce monde, pour toutes les attentions et interventions de la providence dans notre vie- On dit que Platon remerciait chaque jour la divinité de ses bienfaits, et particulièrement de trois choses : de ce qu'il était homme, de ce qu'il était né chez les Grecs et non chez les barbares, de ce qu'il vivait du temps de Socrate, dont les sages leçons avaient formé son intelligence et son cœur. Si cela est vrai, quelle honte pour nous, chrétiens, d'être devancés parce philosophe dans l'accom-