‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 10 sur 221 · Mt. IV, 18-21; Me. I · texte numérisé non relu

Mt. IV, 18-21; Me. I

prêcher dans la Synagogue de Capharnaüm; il a été

le témoin de plusieurs guérisons miraculeuses accomplies par lui et il l’a hébergé dans sa propre maison. Ce matin-là, il se trouve découragé, car il a pêché toute la nuit sans rien prendre; sur l'invitation de son hôte, qui vient d'entrer dans sa barque et l’a fait écarter du rivage pour haranguer la foule rassemblée, il lance encore une fois le filet; si lourde à son bras se fait la charge du poisson capturé, qu'il ne peut la lever et que les mailles craquent; alors il plie les genoux devant Celui dont le signe vient de lui révéler la dignité et il le suit avec ses associés?.

La tradition première ne plaçait certainement pas

en cet endroit de la vie de Jésus l’épisode de la pêche miraculeuse, que nous retrouvons en /n. XXI, 1-9, rattaché aux apparitions du Maître après sa résurrection; le silence de Mc. en est une preuve suflisante ; il fait vraisemblablement partie des récits galiléens relatifs à la résurrection ; mais Le., qui groupe toutes les apparitions de Jésus à Jérusalem, et ne pouvait, par conséquent, l'utiliser là où il se plaçait

naturellement, la mis ici pour enrichir cette pre-

mière manifestation de la puissance du Christ et

4. Le. IV, 31 et ss. Il n’y a aucune raison de supposer que le Simon dont il est question ici, n’est pas Simon Pierre. D'ailleurs, toute cette exposition de Le. est visiblement artificielle. Il est beaucoup plus naturel que Jésus aille chez Simon après qu'il l’a décidé à le suivre, ainsi que le dit Mc. I, et ss. A lire le récit de Le., on ne s'explique pas que Pierre, après tous les miracles que Jésus a prodigués sous ses yeux, et jusque dans sa maison, ait eu besoin,

. pour être gagné, d’un coup de filet particulièrement heureux.

DrEc NN, 1-12.

donner à la confiance de Pierre et de ses compa-

gnons un fondement inébranlablet. Le IVe Évangile raconte encore les choses autrement et son récit?,

sans offrir beaucoup de garanties d’exactitude dans le détail, enferme cependant une indication qui n’est peut-être pas sans valeur, qui, en tout cas, permet une hypothèse vraisemblable : André, frère de Simon, a entendu Jean le Baptiste rendre témoignage à Jésus; il a suivi le nouveau venu et a passé quelques heures avec lui; après quoi il retourne près de Simon, lui annonce qu’il a trouvé le Messie et l'amène au nabi Galiléen, qui le garde. On peut accepter qu'André a été frappé par la prédication du Baptiste et qu’il attend « Celui qui doit venir; » lorsque Jésus se trouve sur son chemin, annonçant que le Royaume est tout proche, il croit sans peine que les temps promis sont venus et son frère, auquel il a fait part de ses impressions et de ses espérances, partage également sa foi. Au reste, cette hypothèse, vraisemblable, n’est pas nécessaire pour expliquer la conversion de Pierre ; la simplicité de sa nature n’excluait pas l’enthousiasme, et sa confiance s’accompagnait de spontanéité; il n’en faut pas davantage pour nous faire comprendre qu'il ait subi, dès le premier moment de leur rencontre, l’as-

1. Nicolardot, Les Procédés de rédaction des trois premiers Évangélistes, p. 177 et s.

Page 1