‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 11 sur 221 · Jn. I, 40 et ss · texte numérisé non relu

Jn. I, 40 et ss

3. Me. VIII, 32-34; Mt. XXVI, 383 et ss.; XXVI, 69 et ss.; et parrallèles. Sur son caractère, cf. Sieffert, Petrus, ap. Realenc. de Hauck, XV, p. 189.

cendant merveilleux de Jésus et qu’il se soit attaché à lui sans esprit de retour.

Ne se trouvait-il pas le premier en date des disceiples? Ce n’est pas impossible et les récits de Mf. et de Mc. ne sont pas défavorables à cette supposition. En tout cas, jamais le Maître ne rencontrera d’homme qui se dévoue à lui plus complètement, qui s’attache à sa personne et à son œuvre avec plus de fermeté. Dans la nuit de l'arrestation, tandis qu’on trafnait Jésus devant ses juges et ses bourreaux, Simon Pierre, abandonné par tous ses compagnons épouyantés, osa suivre seul, et à petite distance, la troupe des gens de justice, entrer derrière elle dans la cour du Grand prêtre et attendre ; il n’avait évidemment aucun espoir d’être directement utile à son maître, mais il était venu et il restait, poussé par cet instinct aveugle de dévouement et de foi que les pires catastrophes ne pouvaient abolir tout à fait en lui'. Le danger qu’il court est grand et il le sait, puisque, pour l’éviter, il renie Jésus, quand les serviteurs, qui vont et viennent autour du feu où il se chauffe, croient Le reconnaître et remarquent son accent galiléen. Grave faiblesse, sans doute, mais combien excusable chez un pauvre homme, isolé, désemparé, et qui avait besoin d’un moment pour se rendre tout à fait maître de ses réflexes?. Il ne peut que pleurer

4, Mt. XXVI, 58; Me. IX, 54; Le. XXII, 54.

2. C’est aussi l'impression qui ressort, en Mt. XIV, 25 et ss., de

l’histoire de Jésus marchant sur les flots : c’est Pierre qui, le pre-

mier, prend courage et se risque sur la mer pour aller au-devant du Maître, mais, dès qu'il se sent enfoncer, la peur le ressaisit et il

sur sa lâcheté et il le fait amèrement; mais bientôt il se ressaisira ; le premier il reprendra courage et il raffermira ses frères ; le premier sans doute, après les femmes, il croira à la résurrection! et, plus que tout autre, il contribuera à en faire accepter la réalité par les disciples. Il avait été parfaitement sincère quand il avait affirmé qu’il ne serait pas scandalisé à cause de Jésus, alors même que tous les autres le seraient, et offert de pousser son dévouement jusqu'à la mort?.

De la profondeur de ce dévouement, Jésus se rendit assurément compte de très bonne heure; il se peut aussi qu’il ait trouvé chez Pierre certaines qualités de hon sens et d'intelligence native, qui s’accordent souvent avec la simplicité d’impressions d’une nature un peu fruste, et nul doute qu'il ne lui ait rendu sa confiance ct son affection. La première tradition chrétienne retint que le Christ avait marqué une bienveillance particulière à Pierre et aux deux fils de Zébédée; nos récits évangéliques ont soin de les mettre en avant chaque fois que l’occasion s’en présente et c’est toujours Pierre qu’ils nomment d’abord, comme le plus près du Maître. Quand Jésus choisit ses Apôtres, il désigne Pierre le premier’; s'écrie : « Seigneur, sauve-moi! » Jésus le relève assez rudement, en lui disant : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?» Il n'a pas douté, puisque c’est en Jésus qu'il a mis son espoir au moment où il a craint pour sa vie, mais jl a eu l'impression qu'il coulait ct il n’a pas pu s’empècher de crier.

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