SVEUS HE MAIL NA
l’Apôtre Pierre paraît avoir prêché dans le Pont, en Galatie, en Bithynie, en Cappadoce et en Asie; qu'il vient à Rome en dernier lieu et y est mis en croix, la tête en bas. Cette affirmation n’exelut nullement la présence de Paul et sa mort conjointement à Pierre, ou à peu près. Au vrai, sauf un seul (Papias), les témoignages qu'il nous est possible d'écouter avec quelque confiance, ne nous montrent pas Pierre séjournant à Rome sans Paul et nous savons déjà quelles insurmontables difficultés soulève l’hypothèse de ce séjour.
Négligeons-les cependant et essayons de voir ce que valent les témoignages, en ne les considérant que du seul point de vue de la venue de Pierre dans la Ville, à une date quelconque et dans des circonstances quelconques, mis à part, toutefois, celles de sa mort, qu'il nous faudra examiner spécialement. Remarquons tout d’abord que le nombre des textes ne signifie rien, attendu qu’ils sortent les uns des autres; les plus anciens seuls méritent de nous retenir.
De ces derniers, le plus célèbre nous vient d’Ignace d’Antioche ; il peut peser assez lourd, car les lettres de ce saint personnage prennent place dans le premier quart du n° siècle. En route pour Rome, où il va subir le martyre, Ignace écrit aux Romains pour les supplier de ne point chercher à détourner de lui le supplice salutaire et il ajoute : « Ce n’est pas au
1. Harnack, Chron. I, p. 406; elles sont des dernières années de Trajan (110-117), ou, peut-être, de quelques années après (117-125).
même titre que Pierre et Paul que je vous preseris cela ; ils étaient Apôtres et moi je suis condamné; ils élaient libres et moi je suis eselave!. » On dit : Puisqu'Ignace écrit aux Romains et qu'il invoque la double autorité que pouvaient exercer sur eux Pierre et Paul, c'est que les deux Apôtres ont vécu à Rome et ont laissé dans son Église le souvenir de leur prestige. Ce raisonnement ne me semble pas solide. D'abord, je demande quel usage on en pourrait faire, s'il se présentait seul, si la tradition, si, accordonsle, d’autres textes ne venaient suggérer l'interprétation qu’il impose de la phrase d'Ignace. Supposons que les deux Apôtres n’aient jamais mis les pieds à Rome, est-ce qu'Ignace n’aurait pas pu écrire exactement ce qu'ila écrit, en rapprochant l'humilité de sa personne de la gloire de deux hommes, qui sont évidemment, pour la moyenne des chrétiens de son temps, les plus vénérables dont l’Église ait conservé le souvenir? Peut-être que, « supposé que Pierre y soit venu, Ignace n'aurait pas parlé autrement » — et encore, faudrait-il voir, car, enfin, ce qu'il dit reste bien vague et bien superficiel, — mais il est difficile d'admettre que, « supposé qu'il n'y soit pas venu, son raisonnement manque de base?. » Est-