Ad Rom., IV
2, Duchesne, HA., [, p. 62. L'auteur avoue d'ailleurs que les paroles d'Ignace ne sont pas l'équivalent de l’assertion : « Pierre est venu à Rome. » Les critiques catholiques avisés, comme lui, gardent quelque réserve sur la valeur du témoignage d'Ignace ; ainsi de Smidt écrit (Diss. I, p. 7): Petri Romae praedicationem non quidem disertis verbis, probabilissime tamen indicarunt Patres apostolici Glemens Rormanus et Ignalius Antiochenus.
ce que cette phrase d'Ignace, d’ailleurs assez bizarre et alambiquée, ne présenterait pas un sens très satisfaisant si on l’entendait comme il suit : « Je ne suis qu'un humble martyr et je n’ai pas, pour vous parler, l'autorité des deux grands Apôtres? » Est-ce qu'en ce cas le raisonnement qu’elle enferme, si raisonnement il y a, ne semblerait pas fondé? Je trouve très ingénieuse l’idée de Erbes', qui pense qu'Ignace nomme ici Pierre et Paul parce que leur souvenir le hante, qu’ils ont à Antioche leur tradition, dont il estnourri, et qu'il se considère, en quelque manière, comme un peu leur successeur; avant que de se comparer aux deux grands Apôtres, le confesseur aurait donc regardé vers Antioche et non vers Rome. Cette hypothèse abonde, presque trop, dans le sens que je crois juste de donner au texte d’Ignace : ce n’est pas parce que Pierre et Paul sont allés à Rome que notre auteur les croit particulièrement considérables aux yeux des Romains, c’est simplement parce qu'ils sont Pierre et Paul. Je ne soutiens pas, bien entendu, que la phrase d’Ignace exclue la réalité de la venue de Pierre à Rome, mais je dis qu’elle s'entend clairement sans la supposer. Il reste, d’ailleurs, si Fon veut absolument que l’évêque d'Antioche ait prétendu faire allusion à un séjour de Pierre dans la Ville, à expliquer pourquoi il lui adjoint Paul ; et nous savons que ce n'est pas une petite difficulté.
Les plus anciens témoignages patristiques, dont