‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 110 sur 221 · Haer., Il · texte numérisé non relu

Haer., Il

maine, soit sur la foi de cette tradition toute seule, une affirmation dont il ne possédait aucune certitude véritable. Pareille méprise lui est arrivée quand il a entrepris de tirer un enseignement précis de ses souvenirs d'enfance sur Jean et on peut dire qu'il porte la responsabilité des difficultés que soulève le problème des origines du IVe Évangile!. Je ne vois pas bien, je le confesse, ce qu’il est permis de tirer d’un témoignage qui se présente dans d'aussi fàcheuses conditions.

Celui de Denys de Corinthe, à peu près contemporain (vers 470), ne paraît pas non plus très rassurant. Voicice que nous lisons dans le fragment d’une lettre aux Romains conservé par Eusèbe? : « Dans un tel avertissement, vous avez uni Rome et Corinthe, ces deux arbres que nous devons à Pierre et à Paul. Car, de même l’un et l’autre ont planté dans notre Corinthe et nous ont instruits, de même, après avoir enseigné ensemble en Italie, ils ontsouffert le martyre en même temps.» Nous reviendrons plus loin sur la dernière affirmation et nous éprouverons si elle est solide; mais nous sommes déjà fixés sur les deux autres : Pierre n’a point « planté dans Corinthe » et il n’a pas enseigné en Italie avec Paul. Que reste-il donc de la prétendue garantie que Denys apporte de la venue de Pierre à Rome ? Je n’oserais le dire, parce que je ne vois pas comment faire con-

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