‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 113 sur 221 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Dès l’abord, une distinction est nécessaire entre les divers documents qui nous racontent l’histoire de Simon, ou nous en apportent des morceaux plus ou moins considérables. Les uns nous viennent d’œuvres de bon aloi, par exemple celles de Justin et d’Irénée; les autres appartiennent à la littérature apocryphe, ce sont essentiellement les Reconnaissances et les Homélies, roman chrétien, qui se donne pour l'œuvre de Clément Romain, et les Actes de Pierre, les Actes de Paul et les Actes de Pierre et de Paul; cette dernière catégorie de textes a été, et est encore, l’objet de grosses discussions entre les érudits ; cependant il semble que l’accord sur elle soit en train de se faire.

I Il faut bien reconnaître que les œuvres authentiques, au moins les plus anciennes, qui ont seules de l’importance pour nous, ne nous donnent sur la

1. Schmiedel, Simon Magus, ap. Enc. bibl. ; Waitz, Simon, ap. Realenc. de Hauck, XVIII (1907), qui donnent la bibliographie du sujet. — Hilgenfeld, Ketzergeschichte, p. 163-186; 453-461. Buoniauti, Lo gnosticismo, p. 123 et ss.; Semeria, Dogma, p. 167 et ss.

venue et le rôle de Simon à Rome que des renseignements très maigres. C’est à Justin qu’il faut nous arrêter d’abord. Sa première apologie peut être de 150; voici ce que nous y lisons : « Simon, le Samaritain, de Githon', vint dans votre ville impériale de Rome sous le règne de Claude César. Aidé par les démons, il fit des prodiges de magie. On le prit pour un dieu; il eut sa statue comme un dieu, elle s'élève dans l’île Tibérine, entre les deux ponts, avec cette inscription latine Simoni deo sancto. Presque tous les Samaritains et quelques hommes d’autres nations le reconnaissent et l’adorent comme leur première divinité?, » Un peu plus loin, Justin répète en substance le même récit ct demande aux empereurs, à qui s’adresse son livre, de vouloir bien détruire cette statue scandaleuse*. Et, dans le Dialogue contre Tryphon, il revient à la charge, rappelant ce qu’il en a dit dans son Apologie‘. Une première remarque s'impose, Justin, en tout ceci, ne parle pas de Pierre et on doit s’en étonner. Comment, il déplore la crédulité qui a fait accorder les honneurs divins à un saltimbanque de la magie et de l’hérésie, et il ne rappelle pas que son imposture a été démasquée par le grand Apôtre? Le nom de Simon n’amène pas irrésistible-

4. Pline, Hist. nat., V, 19 (17), connaît un endroit nommé Getta, près du Carmel]; c'est peut-être le Geburtsort de Simon : cf. Hilgenfeld, Ketsergesch., p. 170, n.

2. I Apol., 36, 2 et 3 : j'emprunte cctte traduction à l'édition de L. Pautigny (Collection Hemmer-Lejay),Paris, 1904, avec une légère correction.

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