Buoniauti, Lo gnosticismo, p
2. Besnier, L'ile Tibérine dans l'antiquité, Paris, 1902, in-8, p. 275.
3. Lipsius, AAG., IL, 34, observe justement que c’est la piété particulière qui a élevé cette statue, et non pas le Sénat et le peuple comme le dit Justin. Voici le texte complet de l’inscription : Semoni Sanco deo fidio sacrum. Sex. Pompeius, S.P.F. Col. Mussianus quinquennalis decurio, bidentalis donum dedit.
4. Marquardt, Le culte chez les Romains, Il, p. 447. n. 7. C'est de ce dieu que nous parle Ovide, Fastes, VI, 213 et ss.
5. On essaie encore quelquefois — de plus en plus rarement — de défendre Justin et d'établir qu'il n’a pas pu confondre Simo et Semo, que l'inscription découverte en 1574 n’est pas celle qu’il a
Est-il plus acceptable que le même personnage ait pu, dans le même temps, passer pour un dieu chez les gens de Samarie et chez « quelques hommes d’autres nations, » ainsi que le prétend Justin? Notre apologiste venait lui-même de Samarie et l’on est naturellement tenté de croire qu’il savait ce qui s'y faisait. D’autre part, Irénée rapporte que les Simoniens possèdent une image de leur maître faite à la ressemblance de Jupiter et qu’ils ladorent‘; et, après
visée (C£ Rinieri, S. Pietro in Roma, p. 721 et ss.). On ne peut guère que reproduire l’argumentation de Tillemont, Mem. II, p. 482 et s. : Justin, « homme grave. fort bien instruit de la mythologie païenne, » n’a pas écrit sur une matière aussi importante sans l’examiner. S'il avait commis la bévue dont on l’accuse, elle aurait été remarquée et relevée et il aurait dû « en faire quelqu’excuse dans sa seconde Apologie qu’il adressa encore à l'Empereur et au Sénat. » Et il y revient encore dans son Dialogue avec Tryphon! Irénée et Tertullien, qui furent très au fait « des folies du paganisme, » seraient-ils tombés dans la même faute? Augustin, qui connaissait Sancus puisqu'il en parle, (Civ. Dei, XVIII, 19) croit aussi à la statue de Simon et Théodoret, « qui dit que la statue était d’airain, nous donne aussi lieu de croire que cette histoire n'était pas appuyée sur un seul auteur. » Et Tillemont s'efforce de prouver qu'étant donné la teneur de l'inscription, la confusion n’était pas possible, puis que les honneurs divins, accordés à des vivants, n'étaient pas rares; et il apporte en confirmation de son dire, l’aventure qui arrive selon les Actes XIV, 11 et ss., à Paul et à Barnabé, dans la ville de Lystre. — Les écrivains chrétiens, qui ont lu l’Apologie de Justin, ont accepté son dire sans le contrôler, voilà tout, et lui-même ne l’a pas vérifié avec un soin suflisant. Tillemont a trop bonne opinion de ses scrupules ; nous avons donné les raisons qui nous empêchent de la partager ; pour qu'il ait pu être contredit sur ce détail, car tout son petit développement sur la statue de Simon n'était pas autre chose aux yeux d’un païen, il aurait fallu que son livre fût lu avec soin en dehors de l'Eglise et je doute qu'il l'ait été.
1. Haer., 1, 25, 4 : Imaginem quoque Simonis habent, factam ad figuram Jovis, et Helenae in figuram Mineroae, et has adorant.
tout, il se peut qu’un thaumaturge ait cherché et réussi à se faire adorer en chair ou en effigie par ses disciples, où qu'ils l’aient d'eux-mêmes divinisé après sa mort, comme les chrétiens ont fait de Jésus; cependant je crains que Justin n’ait grossi le nombre des adorateurs de Simon, en se laissant aller à une confusion. Les polythéistes de Samarie rendaient hommage à un vieux dieu sémitique, incarnation du soleil, il s'appelait Semo lui aussi et présentait de grandes analogies avec Melkart, Héraclès, Baal et Zeus, et, selon les endroits et les habitudes de langage, il tendait à se confondre avec tel outel d’entre eux, ou même avec tous; ainsi que sa déesse parèdre, Selene, se rapprochait d’Astartét. Simon a-t-il joué sur la ressemblance de son nomavec celui du dieu ? On peut le croire, mais il n’est pas non plus invraisemblable que Justin ait confondu les fidèles de Semo et ceux de Simo, qu’il ait par suite attribué au Magicien une importance exagérée et, chose pour nous capitale, qu’il ait été, par cette confusion initiale, très bien disposé à retrouver jusque dans Rome le culte de son compatriote.
Il me semble qu’on n’a pas attaché au passage d’Irénée où il est question de Simon, toute l’importance qu’il mérite?; on en peut tirer un enseignement
1. Hilgenfeld, Ketsergesch., p. 171 et s.; Robertson, Short history, p. 33, croit que Simo Magus n'est qu'un mythe, sorti de Semo Megas et que, mème dans les Actes, c’est un unhistorical personage. Gette opinion ne me semble pas possible à fonder scientifiquement, mais on aurait tort de la mépriser.