‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 120 sur 221 · Cf. notamment Homil., II · texte numérisé non relu

Cf. notamment Homil., II

qu'ils reposeraient sur un original, sur un archétype, très antérieur, qui pourrait nous garantir que leur dernier rédacteur n’a point complété son modèle, en puisant à pleines mains dans les traditions ou les légendes de son temps? Il est clair qu’au n° ou au iv® siècle, l’histoire de Simon était complètement organisée.

D'ailleurs, qu'est-ce que cet « original » des Pseudo-Clémentines? Où a-t-il été composé? Et quand? Et dans quelle intention? Autant de questions auxquelles il n’est guère aisé de répondre. Baur, Lipsius, lesthéologiens de Tübingen, soutenaient que le Grundschrift de nos Clémentines remontait à l'âge apostolique, qu'il était antérieur aux Actes des Apôtres, qu'il sortait de la primitive communauté judéo-chrétienne, dont les héritiers directs, les Ébionites, les Elkasaïtes le lisaient encore au temps de S. Épiphane, sous la forme qui nous est restée, et qu’il visait Paul, désigné sous le pseudonyme de Simon. Aujourd'hui personne ne reconnaît plus une si haute antiquité à la première rédaction de l'original clémentin et n’oserait, je pense, la placer avant la période 150-170. Waitz se prononce pour 220-230 et, à son jugement, le Grundschrift qui vit le jour en ce temps-là ne visait point Paul; il manifestait quelques attaches avec l'Église de Rome et il représentait un catholicisme très net, encore que de tendance syncrétiste ; il ne cherchait donc point à servir les intérêts d'une secte quelconque. Le caractère catholique de cette première rédaction est accepté

de même par Harnack, par Bigg, par Rinieri?, etc., et dès qu'on concède qu’elle remonte à la fin du u° siècle ou au m°, pareille conclusion ne fait plus guère difficulté; il suffit, pour expliquer les singularités qu’on relève dans notre version, d'admettre que des hérétiques attirent peut-être à eux, à diverses reprises, un livre primitivement destiné à les combattre’. Pour ma part, j'ineline à penser, avec D. Chapman et d’autres‘, que l’auteur de l'original était un Syrien; rien dans le récit ne nous révèle une connaissance directe et précise de Rome, alors que tout nous montre un homme qui se sent chez lui entre Césarée et Antioche. Langen avait trouvé une explication très ingénieuse pour mettre tout le monde d'accord; malheureusement personne ne l’a acceptée : selon lui, l’archétype du roman clémentin serait sorti d’une tentative de l’Église romaine, qui, après la destruction de Jérusalem, en 135, cherche à hériter de l’hégémonie jusqu'alors reconnue à la Ville Sainte; les Homélies seraient une réédition de l’ouvrage, faite pour soutenir les prétentions analogues de Césarée; les Reconnaissances représenteraient un effort semblable risqué, un peu

4. Bigg, The Clementine Homilies, ap. Studia biblica et ecclesiastica, II, 1890, p. 184.

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