‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 122 sur 221 · Zahn, Eïinl., loc. cit · texte numérisé non relu

Zahn, Eïinl., loc. cit

2. Harnack, ap. Enc. britannica, XXII, col. 79 et ss. ; Monnier, La prem. lettre, p. 337.

La commune venue des deux adversaires à Rome est-elle véritable?

Notons-le d’abord, ce dernier épisode ne se présente dans les Pseudo-Clémentines que comme un incident très accessoire; les Jomélies et les Reconnaissances en parlent, mais ne l’enferment pas dans leur cadre; elles supposent seulement qu'après les événements qu’elles racontent, Simon se rendra à Rome et Pierre l'y suivra; la réalité de ce double voyage ne se trouve directement affirmée que dans les Épitomés et dans la lettre de Clément à Jacques, qui sert en quelque sorte d'introduction aux Homélies. Dès l’abord!, Pierre dit à Clément : « Si rien ne t’en empêche, fais route avec nous et écoute les discours de vérité que je dois tenir dans chaque ville et jusque dans Rome » (uiyor ‘Pouns adris). Vaincu par Pierre à Césarée, Simon déclare à ses partisans qu'il part pour Rome, et, tout aussitôt, l’Apôtre annonce au peuple et à ses disciples que, puisque Simon s’en va prévenir, contre la vérité, les oreilles des Gentils auxquels elle est destinée, il lui faut le suivre et miner ses entreprises”. Pourtant il ne part pas et ce n’est pas à Rome que nous retrouvons les deux adversaires aux prises, mais bien à Tyr, à Tripoli ou à Antioche; le Magicien n’a donc fait qu’une fausse sortie. Toutefois, il semble légitime de voir dans les passages que aous venons de rappeler que l’auteur de la rédaction

. Hom., I, 16.

. Recogn., II, 63.

. Recogn., II, 64 et 68,

d'après laquelle ont été composées les Jomélies et les Reconnaissances, croyait qu'un épisode du combat de la vérité et de l’erreur s’était placé à Rome. On lit dans les Épitomés que Clément et ses frères sont venus dans la Ville en compagnie de Pierre, lequel y répand la vérité avec beaucoup de succès, notamment parmi les matrones, qu’il gagne, en peu de temps, presque toutes!'; un peu plus loin, nous rencontrons le récit de la consécration de Clément par Pierre, comme son successeur assis sur sa chaire (ets thv a0vou xaHé0pay)*, toujours à Rome, bien entendu. Enfin, dans la lettre de Clément à Jacques, nous trouvons l'affirmation que Pierre est venu dans la capitale, qu'il y a préché la doctrine salutaire et qu’il y a péri de mort violente (B:xiws)*. Malheureusement les Épitomés, qui prolongent le roman clémentin jusqu’à la mort de Clément, pour le mieux finir, ne méritent pas notre confiance; les renseignements qu’ils nous offrent ne sont pas de première main et, en vérité, nous ne découvrons aucun trait, dans l’ensemble des Pseudo-Clémentines, qui ajoute un détail intéressant aux récits de Justin et d’Irénée sur le voyage de Simon à Rome ; la valeur de leur affirmation, touchant celui de Pierre, reste très faible, étant donné la date de leur rédaction.

Les deux personnages les deux plus intéressants du roman sont, pour l’auteur lui-même, Pierre et

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