Epist. Glem. ad Jacob., 1 (P. G., U, col
Simon et je ne conçois guère qu'Harnack ait pu écrire que la lutte de l’Apôtre contre le Magicien n’est presque qu'un simple accessoire dans le récit! ; c’est la présence de Simon qui provoque les discours de Pierre, où le savant allemand voit le principal (die Hauptsache) du roman. Or, il serait pour nous de première importance de savoir au juste que penser de ce Simon. Tout le monde accepte que, tel qu'il se montre à nous, il soit déformé et presque composite, mais, tel que l’auteur du Grundschrift le voyait, qui était-11? Un personnage réel, Simon de Samarie, le père de la gnose, ou un type imaginé, l’hérétique en soi, affublé d’un nom emprunté aux Actes, ou encore, l’homme qui dans l’Église primitive accentue la tendance antijudaïsante, l’Apôtre Paul? Chacune des réponses a ses partisans?. Si la bonne se trouvait être la première, ou la seconde, nous n’aurions guère d’avantage à en tirer, mais si, par aventure, c'était la dernière, elle pourrait bien apporter une confirmation considérable à l’hypothèse que nous suggvrait plus haut l’examen des textes patristiques : le désir de conduire VA pôtre juif partout où Paul avait semé le mépris de la Loi, a pu suffire à l’amener à Rome, où une
4. L'importance de thème de ce Simon est bien marquée dès l’abord en Homil., I, 15 : lorsqu'il arrive à Césarée, Clément entend dire qu'il y à là un certain Pierre qui multiplie les signes (onueta) et les prodiges (téoata) et qui dispute chaque jour avec Simon le Samaritain ; en Æomil., II, 15, Simon est présenté comme le grand troubleur : Ziuoy 6 vÜv révras OpunGy rAdyns xai drérns él ouvepy Os.
2. Schmiedel, Simon Magus, $ 12, rappelle et examine les principales opinions.
tradition certaine rapportait que son adversaire était venu.
Les textes, lus sans arrière-pensée de critique, semblent supposer l’existence de trois personnages nommés Simon : 1° Celui dont il est question en Actes VIII, 9 et ss. et qui vient tenter Pierre à Samarie; c'est, lisons-nous, un ancien magicien (roourñoyey éy Tr node! uayebwy) et, d’ailleurs, aucun autre document digne de confiance ne nous parle de lui. On a pu se demander s'il avait vraiment existé, ou s’il ne fallait pas voir en lui une simple figuration de Paul, présentée sous l’aspect le plus fâcheux par ses ennemis, les chrétiens judaïsants ; l'hypothèse, qui conserve des partisans (Schmiedel), ne trouve aucun appui solide dans les textes et je ne crois pas possible de s’y attacher présentement; il nous faut donc accepter l’historicité de ce Simon de Samarie. 2° Un magicien juif de Chypre qui, selon Josèphe?, vit dans l’entourage du procurateur Félix et s'emploie à détacher de son mari Drusilla, juive aussi d’origine et femme d’Azizus, roi d'Emèse, pour la mettre dans le lit du Romain. Évidemment ce personnage peut avoir existé et le rôle que lui prête Josèphe s’accorde assez bien avec le métier de mage et de sorcier; cependant ne serait-il pas le même que Simon le Samaritain ? On a pu envisager l’hypothèse sans la juger inacceptable (Lipsius); mais rien ne
4. Schmiedel, Simon Magus, $ 13 ; Holtzmann, HDC*, I, 2, p. 66. 2Ant. jud., XX, 7, 2: