Par exemple Waitz
judéo-chrétien dirigé contre lui, et abrité derrière une fiction, parce qu’en ce temps-là déjà la majorité des fidèles est acquise à l’Apôtre des Gentils, ait vu le jour vers 150-175. Je serais, en ce cas, porté à croire que son auteur posait déjà et développait le tème romanesque, qui se retrouve dans nos Pseudo- Clémentines. Le rédacteur du Grundschrift clémentin lui aurait emprunté son cadre et, appartenant lui-même à un tout autre milieu, celui de lorthodoxie catholique, où Pierre et Paul étaient depuis longtemps réconciliés', il n'aurait plus compris la fiction fondamentale et, tout naïvement, confondant le pseudo-Simon de sa source avec Simon l’hérésiarque gnostique, il aurait poussé son développement en conséquence ; les rédacteurs postérieurs des Homélies et des Reconnaissances auraient à leur tour brodé sur la trame première, déjà rendue presque méconnaissable, en conformité de leurs idées propres et de leurs préoccupations particulières ; et pourtant, sous les surcharges, quelque chose du dessin primitif s’apercevrail encore. Tout ce qu'on a dit des Pseudo-Clémentines ne rend pas impossible l’existence de cette source judéo-chrétienne que j'ai essayé de me représenter; j'avoue qu’elle demeure purement hypothétique, pourtant elle me paraît supposée par les quelques traits que les remanieurs successifs ont laissé subsister dans les écrits clémentins et que jene vois vraiment pas le moyen de ne pas rappor-
4. La foi en l'authenticité de la Z Petri, si paulinienne, le prouve et elle est, je le rappelle, déjà attestée par Irénée, Haer., IV, 9, 2.
SIMON LE MAGICIEN Vs:
ter à Paul. J’admets volontiers, avec Harnack!, que plusieurs de ceux dont on fait quelquefois état, conviendraient tout aussi bien à Simon le Magicien, le vrai, qu'à l’Apôtre; mais je maintiens qu’il en reste plusieurs qui résistent à toute élimination de ce genre; Harnack le sent bien lui-même, puisqu'il propose de les expliquer en disant qu'ils ont été introduits dans l’ouvrage, lors de l’une de ses refontes, par un rédacteur, qui les aurait empruntés à la polémique passée contre Paul, pour les tourner contre Simon?. Par exemple, en Æomil., XVII, 19, nous voyons Pierre opposer nettement son autorité d’Apôtre, compagnon du Seigneur, à celle qui ne repose que sur une révélation personnelle et invérifiable. Si cette révélation est véritable, ajoute l’Apôtre, elle n’a pu enseigner à Simon que ce que Pierre lui-même a reçu de la bouche de Jésus; alors, pourquoi Simon n'enseigne-t-il pas la même chose que Pierre? Pourquoi se dresse-t-il comme un adversaire (ävrixstuevos) devant Pierre? Pourquoi le considère-t-il comme un réprouvé (xai éuo0 aüox-