‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 130 sur 221 · Epist. Petri et Jacob · texte numérisé non relu

Epist. Petri et Jacob

sances (X, 61) nous content comment le père de Clément, revêtu par Simon de sa propre forme et parlant son langage, confesse ses torts à l’égard de Pierre, dans cette même Antioche; il lui dit particulièrement, d’après les Reconnaissances : « Je vais vous avouer maintenant pour quelle cause je vous fais cette confession. Cette nuit un ange de Dieu m'a saisi, impie que je suis, et parce que j'étais ennemi du héraut de la vérité, il m'a véhémentement flagellé. » Cet aveu fait invinciblement songer au passage de ZZ Cor., XIE, 7, où Paul se plaint d’avoir été maltraité dans sa chair par un ange de Satan (yyehos saravä); la substitution d’un ange à l’autre est facile à comprendre.

Schmiedel rapproche encore avec raison l’histoire de ce ravissement au troisième ciel, auquel Paul fait allusion en 77 Cor., XI, 1 et ss., du passage des Reconnaissances, II, 65, que voici : « Si tu penses que l’accès des régions supercélestes est facile à ton esprit, que tu peux considérer ce qui s’y trouve et prendre la science de l’immense lumière qui y brille... » N'est-ce pas aussi comme une mise en action et une réfutation de l’opinion de Paul sur l'indifférence qu’il est permis au fidèle de montrer touchant les viandes consacrées aux idoles, que cette scène où Simon, à Tyr, jette le peuple sous la puissance du démon, en lui faisant absorber la viande et le vin d’un sacrifice‘? Ne faut-il pas voir dans la

4, Homil., VII, 3.

vantardise de Simon’ : « Enchaïné, je me déherai moi-même; ceux qui m’auront enchatné je les chargerai de mes liens; enfermé dans une prison, je ferai que les portes s’ouvriront d’elles-mêmes, » une allusion à la miraculeuse délivrance de Paul et de Silas que nous rapportent les Actes XVI, 24 et ss.? Les mêmes Actes IX, 15, disent encore de Paul qu'il est pour le Seigneur un vase d'élection; or, en Reconnaissances, III, 49, nous lisons que Simon est devenu « le vase d’élection du diable » (vas electionis factus est maligno). On sait qu’au moment où Paul est fait Apôtre par le Christ lui-même, il s'est déjà signalé par son hostilité à l’égard des fidèles et qu’il se rend à Damas, chargé par le sanhédrin, d'y aller relancer ceux des chrétiens qui y ont trouvé un refuge; or, Simon nous est représenté? comme l’auteur d’un tumulte, soulevé à Jérusalem; les fidèles y sont malmenés ; lui-même précipite Jacques de summis gradibus et le laisse pour mort; après quoi, muni de lettres de Caïphe, 1l se hâte vers Damas, pour y perdre les fidèles qui s’y trouvent et Pierre lui-même, qu’il croit y rencontrer*. Et c’est, à peine démarquée, l’histoire de Paul, telle qu’elle se lit en Actes IX, 1 et ss. Enfin il est possible de relever dans les Pseudo-Clémentines un assez grand nombre d'expressions d’origine paulinienne et qui semblent employées par le rédacteur dans une inten-

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