‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 132 sur 221 · Gal., IV, 16 : bore éxfoùs Duwv yéyovx dAnfeñuvy duty · texte numérisé non relu

Gal., IV, 16 : bore éxfoùs Duwv yéyovx dAnfeñuvy duty

les milieux judaïsants, où, sans doute, on l'avait toujours plus ou moins considéré comme un imposteur; en sorte que l'édition la plus ancienne de l’œuvre n’a que la valeur d’une fiction, faite de pièces et de morceaux dissemblables et organisée pour encadrer une polémique, probablement anti-gnostique, nullement pour établir des faits vérifiés. Une de ses sources fondamentales a toutes chances d’être un pamphlet judéo-chrétien, destiné à montrer Pierre, le héraut de la vérité, pourchassant partout Paul, le faux Apôtre. Justin, chez qui se trouve la plus ancienne attestation de la venue de Simon dans la Ville, 1° ignore qu'il y ait rencontré Pierre ; 2° ne semble croire à sa venue que parce qu'il croit à sa déification, attestée par la statue de l’île Tibérine; tout au plus dispose-t-il, et nous l’ignorons, de quelque vague racontar pour confirmer cette attestation pour lui décisive, Il n’est pas impossible que dans l’archétype dont, sans doute, les Homélies se rapprochent, il ne fût pas question du voyage de Simon à Rome et, cela va de soi, pas non plus de celui de Pierre à sa suite; l’auteur, un Syrien, selon toute apparence, ne s’intéressait qu’à son pays et localisait tout naturellement le conflit de l’Apôtre et du Magicien dans les villes qui lui étaient familières, Jérusalem, Césarée, Antioche, Tripoli ou Tyr. En ce cas, ce serait une addition sortie d’une plume romaine qui aurait introduit, à une étape quelconque de la rédaction, la mention de la venue des deux adversaires dans la capitale, en conformité d’une tradition fondée dans

l'Église romaine dès le début du n° siècle‘. Il est d’ailleurs tout aussi vraisemblable que l’auteur de l'original clémentin ait trouvé dans sa source judéochrétienne la mention d’un voyage de Pierre à Rome, à la suite de Simon, qu'il y fallait conduire, puisqu’il était de notoriété publique que Paul y était venu. Qu'on accepte l’une ou l’autre des deux conjectures, le témoignage des Pseudo-Clémentines n'apporte aucune confirmation à ceux des Pères, que nous avons relevés plus haut.

On a, il est vrai, soutenu? que les Clémentines « étant sorties du sein de l’Ébionisme, avaient par là même tout intérêt à ne point faire aller saint Pierre à Rome; » si elles l'y font aller, c'est qu’elles n'ont pas osé démentir une tradition certaine. Ce raisonnement n’est pas solide. D’abord, au temps où furent faites les rédactions des Clémentines que nous possédons et, au temps où Épiphane les trouvait entre les mains des Ébionites de Syrie, la tradition en question était, sinon certaine, au moins considérée comme telle. En supposant même que la mention du voyage de Pierre à Rome se trouvât dans la toute première source judéo-chrétienne de notre roman, ce que j'accorde si l’on veut, elle pouvait, encore une fois, ne sortir que du désir de conduire Pierre partout où Paul était allé et, dans la pensée d’un ébionite du milieu du n° siècle, elle ne

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