‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 134 sur 221 · In Joan., XIII · texte numérisé non relu

In Joan., XIII

question en disant que l’ouvrage n’a pas été transmis parmi les écrits catholiques et qu'aucun écrivain ecclésiastique ancien ne s’en sert’. Nous ne savons pas au juste ce que contenait ce Kérygma, mais il faisait partie de tout un cycle d’apocryphes pétriniens, qui s'appelait probablement xepiodos Ilérpov. C'était sans doute sur lui que s’appuyaient les loss ou Acta de Pierre, dont nous parle Eusèbe dans le passage que je viens de rappeler?. Nous ne possédons plus ces Acta dans leur intégralité; ils racontaient avec détails les travaux et la mort de Pierre; c’est-à-dire qu’ils présentaient l’ensemble des traditions et légendes qui s’y rapportaient. Il nous reste cependant de notables fragments, qui dérivent plus ou moins directement d'eux; on les divise d'ordinaire en deux groupes : les Actes gnostiques et les Actes catholiques. Dans le premier groupe, prennent place un récit du martyre de l’Apôtre (Mapzoproy zoÙ äyiou amostéhou Ilépou), en grec, et un Martyrium beati Petri a Lino episcopo conscriptum, version latine du précédent, considérablement amplifiée, à grand renfort de rhétorique (Il sub-

Bus, HE., Ill, 3, 2.

2, HE., II, 3, 2: vô ye phv Tov émixexAnpévoy aùTod Fpatewv..….

3. Lipsius, AAG., II, 4 (4887), p. 85 et ss.; Hennecke, Handbuch, p. 395 et ss. (Ficker); Hilgenfeld, Die alten Actus Petri, ap. Z. f. swiss. Theol., 1903, nouvelle série, XI; Harnack, GACL,., I, p. 131 êt ss. ; Schmidt, Die alten Petrusakten im Zusammenhang der apokryphen Apostellitteratur, ap. Texte u. Unters., 1903, IX, I; G. Ficker, Die Petrusakten. Beitrage zu ihrem Verständnis, 4908, in-8 ; J. Flamion, Les Actes apocryphes de Pierre, ap. Rev.

d'hist. ecclés. de Louvain, IX, 1908, p. 223 et ss; 465 et ss.; X, 1909, p.1et ss.; à suivre; Rinieri, S. Pietro, p. 255 et ss. ; 302.

siste d’ailleurs du Maorôorov diverses versions orientales}; enfin le morceau qui nous intéresse partieulièrement et qui n’existe plus qu'en mauvais latin; il s'intitule Actus Petri cum Simone! et relate la lutte de l’Apôtre et du Magicien à Rome, l’ascension malheureuse de Simon et la mort de Pierre sur la croix. Les Actes catholiques sont représentés par le Marcelli quem discipulum Petri apostoli ferunt, de mirificis rebus et artibus beati Petri et Pauliet de magicis artibus Simonis Magi; nous l’avons conservé en deux versions grecques et en latin; on le désigne sous le nom de Pseudo-Marcellus. Les Acta Petri soulèvent les plus grosses difficultés touchant leur vrai caractère et leur date ?.

Écartons le Martyrium de Pseudo-Linus, qu’on s'accorde généralement à considérer, sous sa forme actuelle, comme une composition du v° siècle, rédigée en Occident, et peut-être dirigée contre le manichéisme*; écartons de même, pour le moment, le Pseudo-Marcellus, qui n’est pas, non plus, antérieur au milieu du v° siècle‘; mais les Acta eux-mêmes, d’où viennent, après plus ou moins de détours, et le Maœpruotoy et les Acius, qu’en penser? Certains

1. On les désigne souvent sous le nom d’Actus Vercellenses, parce qu’ils nous ont été conservés par un ms. de Verceil. Il se peut qu'ils ne soient pas fort éloignés de l'original grec des Acta (roger).

2. Par Acta je désignerai les Ioéets perdus et par Actus le fragment de Verceil.

3. Dufourcq; Gesta Mart., I, p. 323; Lipsius lui-même accepte læ date 400-450.

4. Lipsius-Bonnet, Acta, Prolegom., p. LXI: Chase, Peter (Simon), p. 774.

acceptent encore qu’ils reposaient, en ce qui regarde Simon et le martyre de Pierre, sur un récit authentique, sorti de la plume de Linus « premier successeur de Pierre » et témoin oculaire des événements qu'il racontait; il aurait rédigé sa relation à Rome même, peu de temps après le supplice de l’Apôtre, pour l’envoyer à l’Église d'Orient; malheureusement les hérétiques de toutes nuances, gnostiques, ébionites et manichéens, s’en emparant bientôt, l’auraient toute chargée de leurs imaginations ridicules et de leurs erreurs'. Il est fâcheux que cette explication, simple et satisfaisante, qui nous permettrait d’accorder confiance aux faits fondamentaux qu’enferme le Maordpuoy, ne soit rien de plus qu’une supposition ; pas un texte ne vient l’étayer?, à moins qu'on ne prenne en considération l'intitulé du Pseudo-Linus : martyrium... a Lino episcopo graece conscriptum et orientalibus ecclesiis destinatum, ce qui ne parait guère prudent. D’aucuns, comme Lipsius, Zahn, Bardenhewer, croient les Acfa d’origine gnostique, alors que d’autres, comme Harnack, Erbes, Schmidt, les croient, au contraire, d’origine catholique, désaccord qui suffit à prouver que la question n’est pas facile à trancher. Au vrai, les morceaux qui nous en restent, même ceux qu'on nomme gnostiques, sont assez différents et semblent avoir été remaniés

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