Carmen apologet
4. Entre 250 et 311, tel est l'écart possible pour les œuvres de Commodien, d'après Harnack, Chron., I, p.436 et ss.; Cf. P. Lejay, Commodianus, ap. The catholic Encycelop., IV, p.165; Monceaux, Hist, littér. de l'Afrique chrét., III, p. 451 et ss.
certitude absolue, mais nous avons le droit de le supposer avec la plus grande vraisemblance, attendu que Justin n’a guère pu ignorer l'écrit et que, le connaissant, il devait s’en servir pour compléter ce qu’il nous dit de Simon. Tout ce qu’il est permis d'avancer c’est donc que, vers le dernier tiers du n° siècle, il circule un récit plus ou moins circonstancié d’une rencontre à Rome de Pierre et de Simon. Les Actus Petri cum Simone‘ commencent au moment où Paul quitte Rome pour aller en Espagne; bientôt se manifeste dans la communauté l’émoi causé par les prodiges que Simon accomplit. Pierre est toujours à Jérusalem (Actus, 5); il y a passé douze ans depuis la mort de Jésus et c’est une vision qui lui-ordonne d’aller à Rome combattre le Magicien, qu’il a déjà chassé de Judée ?. Il obéit donc et nous assistons à la lutte qui se termine, dans le Maprôptoy, d’abord par la déconfiture de Simon, puis par la mort de Pierre mis en croix. Chose essenüelle, Paul n’est plus à Rome quand Pierre y arrive; il ne lui est associé ni dans le conflit avec le Magicien, ni dans la mort; aussi bien semble-t-il probable qu'une des sources de Acta de Pierre soit cet écrit judéo-chrétien où l’Apôtre des Gentils est défiguré
4. Lipsius-Bonnet, Acta apost. apocr., I, p. #5 et ss.; Hennecke, Neutestamentl. Apokr., p. 393.
2. Il faut renoncer à demander à des écrits du genre de nos Actus, un vrai souci de la chronologie et seulement des déterminations exactes de temps et de lieu; cf. Flamion. 2° art., p. 473; et 490, où il montre à quel point Pierre et Paul seraient facilement interchangeables dans leurs Actes réciproques.
sous les traits de Simon et que nous avons cru reconnaître à la base du roman clémentin; l’auteur premier de nos Actus l’a d'ailleurs, je pense, utilisé sans le comprendre.
En même temps, sans doute, que se formait une littérature hagiographique autour de Pierre, il s’en formait une autre autour de Paul; nous entrevoyons, vers la fin du w° siècle, une Predicatio Paul et des Actus Pauli, qui ne sont peut-être qu’un seul et même ouvrage®. Leur existence est attestée par Hippolyte (mort vers 235), qui nous dit qu'on en faisait cas de son temps‘; Origène, qui les connaît également, nous donne une impression analogue par l’approbation dont il accompagne les deux citations qu’il en fait‘; Eusèbe les rejette nettement5. Ces Ipd£ers ou. Acta de Paul ont certainement constitué un ouvrage très vaste; nous n’en possédons plus aujourd’hui, en plusieurs versions, que des fragments ; le plus important comprend le récit de la passion de l’Apôtref,
1. Schmiedel, Simon Magus, $ 5, a fait les rapprochements utiles, sur lesquels nous n'avons pas à insister ici.
2. Harnack, Chron., I, p. 493, en place la rédaction entre 120 et 470; Schmiedel, Simon Magus, $ 39 b., vers 160.