‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 150 sur 221 · De Smedt, Diss., I, p · texte numérisé non relu

De Smedt, Diss., I, p

tiens qui peuvent et doivent, en fait, profiter des grands exemples donnés par les martyrs? Un autre passage de l’épîitre me semble recommander cette interprétation; on y lit : « Nous en avons connu beaucoup d'entre nous (éy fui) qui se sont jetés euxmêmes dans les fers, afin d’en délivrer les autres. » (LV,2). De toute évidence, il ne s’agit pas ici de chréliens romains, mais de chrétiens tout court. Une remarque me paraît encore recommander la traduction la plus large de notre £v autv, en VI, 1 : Pourquoi Clément n'’écrit-il pas tout simplement « à Rome? » Pourquoi, sur un point si capital pour son Üglise, ne s’exprime-t-il pas plus clairement? Parce que, peut-on répondre, il n'a rien à apprendre aux Corinthiens, qui savent bien dans quelles circonslances et quand les Apôtres sont morts; il tire de leur mort un argument, qui ne saurait rester de bon ton qu’à la condition de rester voilé ; entre gens également au courant des faits, la simple allusion est permise, et elle est d'usage constant. Il est vrai; mais alors pourquoi au chapitre XLIT, où il est question de l'institution des évêques par les Apôtres, un mot qu’on attend, et qui serait tout à fait à sa place, ne vient-il pas pour marquer la dignité de l'Église romaine doublement apostolique? Pourquoi nulle part, dans tout le reste de l’épitre, ne voit-on poindre aucune allusion à la gloire que Pierre et Paul avaient, par leur mort, fait rejaillir sur la Ville; ce n'étaient pas les occasions qui manquaient pour donner un cours discret à une fierté dont l’auteur devait être

plein’. Il y a donc lieu de craindre que ëêv jui ne désigne pas Rome. D'autre part, le sens du mot capital, œuynüboisän, n’est rien moins qu’'évident; on l’entend d’ordinaire comme s’il y avait « À Pierre et à Paul a été agrégée dans le même martyre une multitude d’élus..., » mais il semble au premier abord tout aussi naturel d'entendre « A Pierre et à Paul a été unie dans les mérites du martyre, ou, mieux encore, dans le saint lieu (eis roy &y:0oy r6mov) une multitude d'élus. » J'avoue, d'accord avec Lipsius ?, que c’est, en dernière analyse, le sens qui me paraît le plus vraisemblable et, dans ce cas, le lien s’élablit, entre les Apôtres et les martyrs dont parle notre épître, au ciel et non plus sur terre; en d’autres termes, le texte ne contient réellement aucune attestation du supplice de Pierre et de Paul à Rome.

Erbes a très justement remarqué que, rappelant aux Corinthiens le souvenir des saints qui ont été victimes de l'envie, « par laquelle la mort ést entrée dans le monde » (III, 4), Clément ne s’est pas borné à nommer Pierre et Paul; il commémore successivement Abel, Jacob, Joseph, Moïse, Aaron et Marie, Dathan et Abiron, et David; il ne choisit aucun de ces personnages parce qu’il se trouve particulièrement connu à Rome, mais seulement parce que leur histoire, à tous, contée dans la Bible, est familière aux Corinthiens; pourquoi vouloir « qu’abandonnant les vieux exemples pour en venir aux athlètes contem-

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