Lightfoot, S. Peter, p
2. Schmicdel, Simon Peter, $ 28, k; cf. Paul, Z Cor., I, 12; II, 22.
3. Zeller, La légende, p. 86; Weizsäcker, AZ., p. 485; Schmiedel, Simon Peter, S 28, h.; Erbes, Petrus nicht in Rom gestorben, ap. Z.f. Kirchengesch., XXII, 1" partie, p. 1-48.
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l’autre, mais qu’il a utilisé, pour tous les deux, tout ce qu'il savait de précis; or, il suffit de relire le texte pour se persuader qu'il savait plus sur Paul que sur Pierre. Ce qu'il dit de lApôtre des Gentils, par exemple qu'il est arrivé « jusqu'aux extrémités de l’Occident » et qu’ila « rendu témoignage devant les magistrats, » reste pour nous fort obscur; mais il y a lieu de penser que les Corinthiens le lisaient en clair et on y peut trouver la trace de quelques renseignements sérieux; en revanche, quelle pauvreté dans les quelques phrases qui se rapportent à Pierre! Elles ne nous disent pas qu'il ait, lui aussi, « enseigné la justice à tout l'univers » et qu'il ait, lui aussi, « rendu témoignage devant les magistrats; » mais seulement qu’il a « rendu témoignage » et supporté des tourments! (rôvouc); à moins de disposer le sens de toute la suite, et particulièrement celui de ouynpoisin, en vue de cette conclusion, pas un mot ne nous fait croire que ces tourments-là aient été endurés à Rome, même en supposant qu'ils signifient la mort — et on en peut douter. Lorsqu'on songe que ces formules vides et vagues ont été écrites à Rome, environ trente ans après la date où l’on fixe d’ordinaire le martyre de l’Apôtre, on incline à penser
1. Erbes, Petrus nicht in Rom. gest., p. 23, cherche dans les Actes, tout simplement, les rôvo: en question (IV, V, 17; XII, 3 et ss.); il se demande silà n’est pas la source de Clément et il rapproche Actes XII, 18 : xai émopeuln els Etepov tônov, de 1 Clem, IV, 4: nai Emopeuln elç Tv OyetAduevoy Torov this ÔdEnc. Il me paraît difficile de nier la parenté, mais évidemment elle peut n'être que dans l'expression.
qu’au temps de leur rédaction, l’Église de la Ville « n'avait rien entendu dire d’un séjour que Pierre aurait fait dans la capitale de l’Empire et du martyre qu'il y aurait subit. » Je crois difficile de ne pas admettre que Clément savait que Pierre était mort martyr; mais, si par maotupñoa, il a bien entendu le témoignage du sang, ou bien il ignorait en quel lieu, exactement, il avait été rendu, c'était pour lui un Incognito-Märtyrerthum, selon l’expression d’Hingelfeld, ou bien il n’a pas cru utile de le dire?; en tout cas, il ne l’a pas dit.
C'est pourquoi, tout considéré, je conclus que le témoignage de Clément Romain, touchant la mort de Pierre à Rome, reste très incertain* ; c’est le mieux qu'on en puisse penser ; et qu’il y a toutes les chances pour qu'il ne signifie pas du tout ce qu’on y prétend lire. Tout seul, il est incapable de justifier la tradition.
Le document le plus rapproché par la date de Pépitre de Clément, duquel nous aurions le droit d’attendre quelque renseignement sur le martyre de l’Apôtre dans la Ville, c’est la lettre d'Ignace aux Romains. Nous l’avons déjà examinée, en vue d’y
4. Zeller, La légende, p. 90; Schmicdel, Loc. cit.: In short this œriter was ignorant, not only of any witnessing (paprupety) befose the authorities (in Rome) on Peter’s part, but also of any missionary activity of his at ail in the west; yet he wrote in Rome about 93-97 AD.; Erbes, Petrus nicht in R. gest., p- 24.