HE
2, HE, I, 25, 8 : 4ai vaüra 0, dé dv Et HE AROV moTubein Tà tic toroplac.
opinion, qui, de son temps, ne souffrait plus, à vrai dire, la discussion, et dont il se contentait de chercher des témoins dans le passé, quitte à interpréter leur témoignage en conformité de ce qu'il croyait le fait acquis.
Que les affirmations de la mort des Apôtres à Rome se multiplient après Tertullien, on ne saurait s’en étonner, encore moins y attacher beaucoup d’importance; dès qu’une tradition s’est précisée dans un milieu aussi actif que l’Église romaine, on en retrouve bientôt des éehos partout. Aussi bien les romanistes ont-ils tort de chercher un appui dans les écrits de Clément d'Alexandrie et d’Origène, dont ils font pourtant grand état; ces écrivains n'avaient ni le désir, ni, sans doute, les moyens de contrôler les affirmations qui leur venaient toutes faites de Rome; ils les répétaient et, au vrai, ils ne les garantissaient pas. Cette remarque s'applique à tous ceux qui les ont suivis.
Les pseudépigraphes clémentins et les apocryphes pétriniens et pauliniens ne peuvent pas nous apporter beaucoup de lumière en la circonstance; d’abord parce qu’ils ont été tous plus ou moins remaniés à une époque relativement récente, ensuite parce qu’ils sont si pleins d’invraisemblances et de contradictions qu’il serait bien osé de décider s'ils ont arbitrairement localisé la mort de Pierre à Rome, où s'ils l’ont seulement enveloppée de leurs fictions et de leur rhétorique. Le martyre de l’Apôtre reste à l’état d’allusion adventice dans les Reconnaissances et les
Homélies; il n'y à pas à tenir compte des Épitomés, trop tardifs. Les Acfa Petri nous content, il est vrai, avec force détails et accompagnement de beaucoup de discours, la mise en croix de Pierre, mais, outre l’invraisemblance de leur cadre, ils contredisent les données des textes par ailleurs les plus sûrs, en ne soufflant mot de la mort de Paul!. Inversement les Acta Pauli nous relatent le supplice de l’Apôtre des Gentils sans qu’il soit question de Pierre. Mais nous savons qu'aucune attestation ancienne ne nous garantit la mort rigoureusement simultanée des deux Apôtres; ne serait-ce pas cette vérité qu'exprimeraient leurs Acta réciproques ? La réponse dépend de la date assignée à toute cette littérature légendaire. Si elle prendplace au début du msiècle, il est clair que ses auteurs ont puse contenter de ramasser l'opinion courante alors, qui faisait mourir Pierre et Paul à Rome : chacun l’a exploitée selon sa tendance et avec son imagination. Si, au contraire, on la croit plus ancienne dans ses origines, et, comme le pensait Lipsius, antérieure aux témoignages écrits de Denys de Corinthe, par exemple, si elle est née en Orient, elle peut représenter non pas cerles une preuve convaincante du fait que nous cherchons à vérifier, mais tout de même un souvenir de ce fait. Il est vrai qu’on peut la considérer aussi, dans cette hypothèse de son ancienneté, comme une des sources, peut-être la principale, de la tradition qui fait périr les Apôtres dans la Ville.
4. Acta Petri. 40, nous disent expressément que Paul n'est pas revenu.
Des Orientaux, mal renseignés sur leur fin, ne possédant particulièrement, sur Pierre, que la vague mention de son martyre, qui paraît en /n. XXI, 18, ont conclu : 4° de la captivité certaine de Paul à Rome, rapprochée du souvenir de la cruauté de Néron à l’égard des fidèles, que l’Apôtre des Gentils avait péri dans la Ville sous les coups du tyran; 2° de la mort de Paul, par parallélisme, presque nécessaire pour un pétrinien, à la mort de Pierre dans le même lieu et dans le même temps; sans que la liaison entre les deux martyres se fasse tout de suite, telle qu’elle pouvait et devait se faire dans l’esprit des catholiques, surtout avec le développement de la légende de Simon et après la réconciliation de fait, dans le triomphe du paulinisme, des deux tendances que Pierre et Paul représentaient dans la première Église. Il n’est évidemment pas possible de rien affirmer sur ce point, et je me garderais de le faire, mais il me paraît probable, qu'aucun souvenir précis de la mort de Pierre en Orient n'étant demeuré dans la mémoire
4. Avec une autre allusion en Jn. XIII, 36. Lightfoot, S. Peter, p. 492, avoue que Jn. XXI, 18, ne dit rien de l'endroit où Pierre souffre le martyre, mais, sur ce que la tradition la place à Rome et non ailleurs, il juge arbitraire de séparer the locality from the manner of martyrdom. Et il ajoute : Unless we accept the Roman residence of S. Peter, we know nothing about his later years and death. Cela est certain, mais qu’y faire? On a quelquefois cru trouver une indication du lieu du martyre de Pierre en Apoc., XVIII, 20, où les Apôtres sont invités à se réjouir du jugement que Dieu a porté contre Rome à cause d'eux (ütt Exprvev 6 eds rd xolua Oudv 8 adräcs): l’emploi du pluriel (oi aréstohoi) et l’ensemble du texte ne me paraissent pas favoriser cette hypothèse. Cf. Chase, Peter (Simon), p. 765 ; Clemen, 1st Petrus in Rom gewesen, :
des chrétiens du n° siècle, autant que nous en pouvons juger, le travail légendaire qui rapprochait l’Apôtre de Simon, de Simon-Paul et de Paul lui-même, devait le transporter eu Occident et placer à Rome le lieu de son supplice.
En somme, les textes vraiment anciens, dont nous pouvons à l'heure actuelle disposer, lus tels qu'ils sont et sans aucun parti pris, nous laissent dans l’incertitude sur la mort de Pierre à Rome; ils ne paraissent clairs que regardés, pour ainsi dire, à travers la tradition qui nous semble constituée au début du mr siècle. Malheureusement leur incertitude même et leur élasticité se prêtent si bien à l’élargissement de leur sens et les livrent si complètement sans défense aux tendances qui font la vie des traditions et des légendes, qu’il serait imprudent de nous abandonner à la séduisante exégèse qui éclaire le passé par le présent. N'oublions pas, et ce souvenir achèvera de nous rendre circonspects, qu’en son temps Eusèbe ne croyait peut-être pas qu’on püt parler de la mort des deux Apôtres à Rome comme d’un fait acquis et indiscutable ; il prenait encore la peine de le prouver de son mieux.
2. Pourtant à défaut de textes évidents, une tradition constante n’est pas ‘sans valeur ; arrêtons-nous donc un instant sur celle qui nous paraît s'établir dès la fin du n° siècle; nous pouvons toujours bien nous demander si elle est cohérente et vraisemblable.