‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 163 sur 221 · Chron., U · texte numérisé non relu

Chron., U

2 Tum Paulus ac Petrus capitis damnati : quorum uni cervix &gladio desecta, Petrus in crucem sublatus est.

jour, sous Néron, et le récit de Tacite relatif à l’incendie et à ses suites'. Remarquons qu'il a tenu compte de l’opinion qui ne fixait pas rigoureusement la date de la mort des Apôtres; il ne place pas leur supplice au jour effroyable qui ensanglante le cirque et les jardins de Néron; il en fait la conséquence de la loi générale portée contre l’Église après la première tuerie; cette intention est nettement marquée par {um—alors, qui ne s'oppose pas, en somme, à un recul de plusieurs années.

Aucun texte ancien ne nous dit expressément que Pierre ait péri en 64, victime indirecte de l'incendie; ce sont les modernes qui ont tiré cette conclusion des vraisemblances fournies surtout par Tacite, et qui ont cru trouver confirmation de leurs déductions dans la légende elle-même; celle-ci, en effet, même sous sa forme la plus retouchée des Acta Petri et Pauli, a gardé quelques affirmations précises : Pierre a été mis en croix, la tête en bas, dans la Naumachie, au Vatican, et Paul a été décapité sur la voie d'Ostie. Selon toute apparence, ces souvenirs s’accordaient tout d’abord avec une tradition qui plaçait le supplice des Apôtres en 64; nous savons, en effet, par Tacite ?, que le cirque, ou un cirque (la Naumachie ?), et que les jardins de l’Empereur furent le théâtre des exécutions; nous savons aussi qu’il y eut de nombreuses

4. Tac., Ann., XV, 40 et ss. On sait que Suétone, qui parle de l'incendie (Wero, 38), et aussi des supplices infligés aux chrétiens, genus hominum superstitionis novae ac maleficae (Nero, 16),

n’établit aucun rapport entre les deux faits. 2. Ann., XV, #4.

crucifixions, et Sénèque atteste que certaines croix furent retournées', comme il advint, dit-on, de celle de Pierre. On s'explique très bien que ce dernier?;, arrêté avec les plus connus d’entre les chrétiens, en 64, ait été supplicié avec eux; on comprend bien moins qu'on soit veau le mettre à mort au Vatican, plusieurs années après, en supposant même que la persécution de Néron ait été autre chose qu’une crise violente, mais sans lendemain. On a cherché confirmation de cette vraisemblance dans les documents hagiographiques*; mais trois manuscrits du Martyrologe hiéronynien* nous donnent au III des Calendes de juillet, c’est-à-dire au 29 juin, la commémoration apostolorum Petri et Pauli et aliorum DCCCCLXXVIIII martyrum, et l’un d’eux, le codex Bernensis rattache la commémoration de ces neuf cent soixante-dix-neuf inconnus à la voie Aureliaf, qui partait du Vatican,

1. Consol. ad Marc., 20 : video istic cruces non unius quidem generis sed aliter ab aliis fabricatas, capite quidem conversos in terram suspendere.….

2. C’est lui-même, d’après la légende, qui réclame cette aggravation de supplice, pour ne pas sembler vouloir imiter le Christ; pour gagner plus vite le ciel, selon l'amusante variante du Codex Monacensis (du x° siècle), qui reproduit les Gesta Petri et Pauli : Rogavil rursum sibi pedes everti et capul deorsum ut ad coelum se ventüurumo stenderet (Cité par Dufourcq, Gesta Martyr., H, p-410;:n, 14

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