Dufoureq. Gesta Martyr., I, p
4. Ce sont l'Epternacensis, le Bernensis et le Wissenburg'ensis. tous trois du vin’ siècle. Cf. l'édition de Rossi. Duchesne du Martyrologium dans les Acta Sanctorum des Bollandistes, de novembre, II, 1, Bruxelles, 1894, p. 84.
5. Ceci est la version du codex Epternacensis, le codex Wissenburgensis donne le chiffre DCCCC LXXVII.
6. Il s’agit de la Via Aurelia nova, construite sous Marc Aurèle,
c’est-à-dire au Vatican, tout comme celle de Pierre et de Paul; ne faut-il pas voir dans ces manuscrits, relativement récents, une trace d’une tradition très ancienne, plus ancienne même que celle qui triomphait à Rome aux 1v° et v* siècles, d’une tradition qui rattachait le martyre des deux Apôtres à la crise de 64? On peut le soutenir'. On peut, il est vrai, penser, tout au contraire, que l’addition de nos manuscrits représente une tentative tardive pour rattacher la mort de Pierre et de Paul au massacre de 64. Il semble évidemment vraisemblable que, si les Apôtres ont réellement subi le martyre à Rome, ce soit à ce moment-là, mais la vraisemblance des circonstances ne saurait établir la réalité du fait.
Remarquons-le bien, en dernière analyse, des traditions et légendes romaines on ne peut tirer qu’une affirmation, qui s'impose en quelque sorte par-dessus les incohérences du détail, c'est que Pierre et Paul ont péri sous Néron, l’un par la croix, l’autre par le glaive, l’un au Vatican, l’autre sur la voie d’Ostie ; aucune autre précision traditionnelle n'inspire confiance. Encore convient-il de faire des réserves sur la localisation au Vatican du supplice de Pierre; les prétendues précisions qui se rencontrent dans Pseudo- Linus, par exemple, et dans les Acfa Petri et Pauli,
et non de la Via Aurelia vetus, qui était beaucoup plus ancienne et commençait au Janicule.
1. M. Dufoureq. op. cit., dont c’est au fond l'opinion, lappuie sur le passage de Clém. Rom. ZI Cor., V et VIE que nous avons étudié plus haut: il prend naturellement, en ce cas, le cuwnüpotoün dans son sens le plus étroit.
répondent au désir de pseudo-exactitude qui caractérise les hagiographes de basse époque; on disait de leur temps que l’Apôtre avait péri près de l'endroit où se trouvait son tombeau‘, et on montrait son tombeau sur le Vatican, dans la basilique élevée par Constantin et son fils. Des expressions comme « sous le térébinthe, près de la Naumachie, sur le Vatican » (Acta Petri et Pauli), pour désigner le lieu de la sépulture et indirectement celui de l’exécution; ou comme « dans la Naumachie, près de l’obélisque de Néron, sur la colline » (Ps.-Linus) ne doivent pas nous retenir longtemps?. Le térébinthe désigne probablement quelque arbre légendaire ou simplement remarquable ; on s’est demandé (Lipsius, Erbes*), sans d’ailleurs pouvoir répondre à la question,s’ilne fallait point le confondre avec ce chêne « plus vieux que la Ville » dont nous parle Pline Ancient. Dans la Naumachie et son obélisque, plusieurs modernes (Duchesne, Grisar, Marucchi) ont cru pouvoir reconnaître le cirque de Néron, où se trouvait un obélisque que Caligula avait fait venir d'Egypte; ils se fondent tout simplement sur ce que Tacite nous dit que « le cir-
4. Liber pontif (Duchesne, I, p. 118): Qui (Petrus) sepultus est iuxta locum ubi crucifixus est in Vaticanum.
2. Je ne crois pas non plus utile de s’attarder à l'examen de la tradition qui place la croix de l’Apôtre sur le Janicule: elle trouve encore des défenseurs (Mgr. Lugari, Le lieu du crucifiement de Pierre, Tours, 1898); mais elle a toutes chances d’être du bas moyen âge; cf. Lipsius, AAG., II, p. 400; Marucchi, Archéol., I, p. 11 et Grisar, Hist. des papes, I, p. 242.