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envisagé l’objection, fait remarquer’ que si l’Apôtre a été mis à mort en quelque bourgade obscure et dans des circonstances difficiles à préciser, comme dans un tumulte populaire, le souvenir du lieu peut s’être perdu, d'autant plus que ses compagnons, évidemment peu nombreux, ont pu partager son sort et qu’en cet endroit-là il n’existait pas d’Église constituée, en état de recueillir, avec ses restes, la tradition de son martyre. Si, je suppose, Paul avait péri à Lystre (Actes XIV, 19) ou à Iconium (Actes XIV, 5), il est probable que Clément Romain, par exemple, serait mal renseigné sur la place de sa mort. Au reste, rien ne nous prouve que les chrétiens du 1°" siècle ne savaient pas où Pierre avait péri. Alors, objecte-t-on, Clément Romain ne l’aurait-il pas dit? Pourquoi, si les Corinthiens le savaient comme lui? Il ne s’agissait pas pour lui, en l'espèce, d'apprendre quelque chose de nouveau aux destinataires de son épître, mais de tirer une leçon profitable des faits connus d'eux. J'avoue que ce raisonnement de Schmiedel ne me satisfait pas complètement au moins sur un point: Pierre est mort sur la croix, c’est la seule affirmation qui ait chance d’être certainement vraie; en tout cas, c’est celle qu’imposent les allusions que nous venons de relever en Jn.?; est-il vraisemblable que ce supplice, qui demande quelques préparatifs, puisse s’ac-
A. Simon Peter, $S 28, i.
2. Von Dobschütz, Das apost. Zeit., p. 51, voit encore une allusion du martyre de Pierre en I Petri, V, 1; je ne l'y découvre pas; les mots © ua Tñs pehhoïons roux Admteoar 06Ëns xotvwvds (Moi qui
corder avec la brutalité incohérente d’un tumulte populaire, avec une sorte de lynchage? Aucun texte n'autorise à le croire. Reste l'hypothèse d’une mise en croix hors de Rome, dans us procès régulier’, mais où? On a risqué des hypothèses; ainsi Erbes* penche pour Jérusalem, sur cette remarque que dans les Acta Petri la sentence de mort portée contre Pierre l’est, non par Néron lui-même, mais par le préfet de la Ville, Agrippa. On ne connaît pas de préfet de ce nom sous Néron* ; mais, à côté de lui, paraît dans les Acta, Albinus ami de l'Empereur; dans cet Albinus, Erbes devine le successeur de Festus à la procuratelle de Judée :, et il identifie Agrippa avec Hérode Agrippa I, roi de Batanée, réputé roi de Judée, et auquel avait été, en ce temps-là, confiée l'administration du Temple de Jérusalem’. C’est seulement en Palestine que deux hommes portant ces noms d’Agrippa et d’Albinus sont contemporains, et Erbes conclut que Pierre a été crucifié à Jérusalem, par ordre d'Hérode Agrippa II, vers la fio de 64 ; il découvre même une allusion à ce fait en Mt. XXIIL, 34, où il est dit : « Je vous envoie
aurai part comme eux (les anciens) à la gloire qui va se manifester), auxquels il songe, sans doute, me paraissant viser la parousie et non lz mort de l’Apôtre.
4. Sehmiedel admet aussi cette hypothèse, en supposant que Pierre a pu être condamné dans quelque lieu obseur, alors qu'il se trouvait sans compagnon.