‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 169 sur 221 · Cest Titus F. Sabinus qui est préfet de 61 à · texte numérisé non relu

Cest Titus F. Sabinus qui est préfet de 61 à

4. Festus meurt en 62 et c’est un Albinus qui lui suceède. Joséphe Ant Jud., XX, 9, 1.

5. Mormmsen, Hist. Rom., XI, p. 121. — Graetz, Hist. des Juifs, IE, p. 333.

des prophètes, des sages et des scribes, et, d’entre eux, vous ferez mourir et vous mettrez en croix les uns, vous flagellerezles autres dans vos synagogues. » En un sens, on peut bien dire que Pierre est une vietime de Néron, puisque c’est sous son règne que le martyre se place, et comme depuis, Jérusalem est détruite deux fois et sa communauté dispersée, la réalité se voile peu à peu; le phénomène d'attraction dont nous avons déjà parlé et qui attire à Rome, selon la croyance des chrétiens du n° siècle, Pierre à la suite de Paul, achève d'expliquer le transport dans la Ville d'un événement réellement accompli en Judée. Erbes croit même apercevoir quelque trace de ce fait dans une légende romaine qui relate une tentative d'enlèvement des ossements de Pierre par des Juifs venus de Jérusalem; il y survivrait obscurément l’idée juste que les Hiérosolymitains avaient le droit de réclamer les restes de l’Apôtre mort chez eux. C’est une preuve qui n'est guère convaincante, mais l’ensemble du raisonnement de l’auteur n’est pas non plus dénué de portée. Pourtant il me semble impossible de considérer actuellement sa conclusion comme un résultat acquis. Si Pierre n’est pas mort à Rome, nous ne savons pas où il est mort, ni quand exactement'. Mais ce qui me paraît certain, c’est que, si le

1. Kellner, Tradition, p. 32, ne croit pas possible que Pierre soit encore vivant lorsque Paul rédige celles de ses lettres qui partent de Rome; je n’accepte pas les conclusions que l'auteur tire de cette remarque, mais je ne la trouve pas dépourvue de toute justesse; le silence de la seconde partie des Actes sur Pierre me lui est pas défavorable.

nom de l'endroit où sa vie a pris fin, s’est perdu de bonne heure, la foi chrétienne, incapable de se résoudre à l’ignorance sur un point aussi intéressant, a fatalement transporté l'événement à Rome, où Paul, et bientôt la légende de Simon, attiraient déjà Pierre. L’apparente solidité de cette assertion très ferme: Pierre est mort crucifié, sous Néron, au Vatican, ne peut nous en imposer assez pour dissiper les doutes que soulèvent les incohérences de Ja tradition, dès qu'on sort de la simplicité de son affirmation. De ces divers éléments, flottant dans l’imagination chrétienne du u° siècle : venue de Pierre à Rome, déterminée par le parallélisme que sollicite la carrière de Paul et par la légende de Simon, cruauté de Néron et horreurs de 64, mort violente de Pierre sur la croix, il a pare faitement pu sortir et s’organiser, dans le dernier tiers du ue siècle, et peut-être d’abord hors de Rome, l’histoire que les Romains devaient accepter avec plaisir et qui faisait périr les deux grands Apôtres dans la Ville. I] m’est impossible de considérer qu’un ensemble, même très vaste, de textes vagues et de raisons chancelantes, touchant la mort de Pierre à Rome, constitue « un corps de preuves » auquel il est difficile de résister’; la tradition romaine n’a, sur ce point, que la valeur d’une hypothèse?.

4. Tel est pourtant le raisonnement de Lightfoot, S. Peter, p. 491, et de beaucoup d'autres qui avouent moins franchement que lui combien peu convaincants sont, pris isolément, les divers arguments mis en avant pour justifier la tradition.

2. Von Dobschütz, Das apost. Zeit., p. 51, l'avoue franchement : Doch bleiben dies wie gesagt Vermutung'en; et pourtant il accepte, pour sa part, la tradition.

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