‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 17 sur 221 · Provenaz, S. Pierre, p. 182. N · texte numérisé non relu

Provenaz, S. Pierre, p. 182. N

3. Loisy, Syn., I, p. 10. Batiffol. L'Égl. naiss., p. 107, accepte les deux sens et, à l’appui du second, rappelle Jonas, IL, 7: xaré6nv El YAY, Ac oÙ poyhol adrñc xéroyor atwvor. (J'étais descendu dans la terre; ses verrous me tenaient solidement pour l'éternité). On peut songer aussi à Apoc., I, 18: xaÙ ëyevépny vexpès noi Lôoù Cv

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se concentre sur les mots « sur cette pierre je bâtirai mon Église. »

On rencontre chezles Pères au moins trois opinions sur le sens de « cette pierre » : tantôt ils entendent qu'elle figure la foi que Pierre a professée, ou la profession de cette foi; c’est grâce à la foi de Pierre, en eflet, à la foi en la messianité de Jésus que son œuvre a pu s’affermir et durer, que son Eglise s’est fondée et organisée. Tantôt ils voient dans « la pierre » le Christ lui-même, parce que l’objet de la foi professée par Pierre, c’est évidemment le Christ, et que S. Paul a dit que la pierre c’est le Christ!. Tantôt, enfin, ils suivent le sens le plus littéral et entendent par « la pierre » Simon Pierre lui-même, acceptant, par conséquent, que Jésus lui ait accordé e privilège d’être comme la règle et l’étalon de la foi I lège d chrétienne, le principe de l’unité ecclésiastique. Remarquons qu'il ne s’agit, pour ceux même qui s’arrêtent à cette interprétation, que d’un principe de foi et d'unité, nullement d’un droit de juridiction, d’un els eic Todc al@vas Toy aibvwy, xai Exw Tac xAete Toù Ouvérou mal Toù &dov (Et j'étais mort et,voyez, je suis vivant dans les siècles des siècles et j'ai les clefs de la mort et de l'enfer). Holtzmann, HDC. IV#, p. 427, rapproche encore ce dernier passage d’Apoc. de Job, XXX VII, 17 : dvolyovrar dé oo p06p nôdla Gayérov, rulwpai dè &dou 06vrec ce Enrnéav; (Est-ce que les portes effroyables de la mort se sont ouvertes devant toi? Est-ce que la vue des portiers de l'enfer t'a rempli d'épouvante ?) Les portes de l'enfer signifiant la mort, paraissent une figure plus habituelle que l’enfer désignant la puissance du mal; au temps de la rédaction de notre Évangile je ne vois même du second sens aucune attestation formelle dans les textes chrétiens.

4. I Cor. X, 4 : à mérpa dE nv 6 Xpioté. Rapprochez de I Petri, H, &.

pouvoir d'autorité sur le dogme. Il arrive que deux des opinions que nous venons de relever, voire les trois,se rencontrent chez le même Père, par exemple chez $. Augustin, autour duquel les disputes des théologiens du xvi° siècle ont souvent tourné. Les protestants, qui soutenaient, naturellement, que « la pierre? » ne pouvait être que la foi de Pierre ou le Christ lui-même, trouvaient donc, sans beaucoup de peine, des textes patristiques pour appuyer leur interprétation; leurs contradicteurs catholiques n'étaient guère plus embarrassés d’en découvrir d’autres, pour se donner raison; et l’on épiloguait, de part et d'autre, pour amoindrir la portée des citations contradictoires et présenter comme la meilleure, je veux dire comme exprimant le fond de la pensée de S. Ambroise, de S. Augustin, de S. Jérôme, l’opinion où chacun retrouvait la sienne. Ces ardentes mêlées, où se heurtèrent les plus grandes autorités théologiques des diverses confessions, ne sont plus guère aujourd'hui que de l’histoire, et la critique n’a pas grand profit à en tirer’. Les adversaires se

1. Il suffit, pour s'en convaincre, de comparer les déclarations de S. Cyprien sur le rôle légitime de la chaire de Pierre, de l'ecclesia principalis, dans laquelle repose la garantie de l’unité, à ses actes quand l’évêque de Rome veut parler d’autorité dans l'affaire du rebaptème des hérétiques. Cf. Turmel, Hist. du dogme, chap. w EYE

2. Pour Érasme, La pierre est tout homme fidèle, pour Calvin, c’est le Christ, fondement unique de l’Église; pour Luther, c'est la foi de l’Apôtre, ou sa profession de foi. — De la Servière, La Théol. de Bellarmin, p. 81.

3. Cf. Turmel, /List. de la théol., Il°, p. 152 et ss. et De la Servière, La Théol. de Bellarmin, p.72 et ss. Bellarmin reconnaissait

laissaient tous également dominer par leur parti pris et, en bons théologiens qu'ils étaient, ils ne considéraient bien que le but qu'ils se proposaient d'avance : prouver qu'ils possédaient la vérité. Toutefois leurs débats ont porté un enseignement utile : ils ont établi qu'aux premiers siècles de l’Église il n'existait point d'explication arrêtée, unique et, pour ainsi dire, orthodoxe de notre verset 18, puisque chacun l’entendait comme il voulait, et que S. Augustin, dans ses Retractationes, où il a revisé toutes ses opinions antérieures, laisse à son lecteur le soin de choisir l'interprétation de ce texte qu'il jugera la meilleure.

Le verset 19 n’a pas été moins discuté que le verset 18; les Pères ont également hésité sur son exégèse. On lrouve, par exemple, chez S. Jérôme et chez S. Hilaire l'opinion que les clefs du Royaume des cieux ont été données à tous les Apôtres dans la personne de Pierre?. A leur suite, Calvin fit remarquer que tous les Apôtres ont été interrogés par Jésus, et que si Pierre a répondu seul, il l’a fait pour tous, qu’en conséquence c’est à fous que les clef sont été d’ailleurs parfaitement que l'explication de Luther et des Centuriateurs, qui voulaient que « la pierre » fût la foi de l’Apôtre et non sa personne, semblait pouvoir se recommander du témoignage des anciens Pères; mais il pensait que cette doctrine patriotique était conciliable avec celle qui fait de Pierre lui-même, en personne, le fondement de l'Église : « Ce n'est pas une foi quelconque, disait-il, mais la foi de Pierre, et de Pierre considéré non comme homme privé, mais comme pasteur de l’Église, qui est le fondement » (De la Servière, op. cit., p. 82).

FrRetrac.,. I, 21, 1.

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