‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 181 sur 221 · Erbes, Todestage, p · texte numérisé non relu

Erbes, Todestage, p

2. Erbes, Todestage, p. 116. Si on accepte l’opinion de Duchesne, Lib. pontif., I, ,p. VIets., qui croit que la depositio martyrum et la depositio episcoporum, introduites dans le catalogue de 354, sont constituées dès 336, c’est cette date qui indique, dans l'hypothèse de Erbes, jusqu'à quel moment nous pouvons considérer comme assuré que les reliques de Pierre demeurent ad Catacumbas; la correction ne change d'ailleurs pas grand'chose.

3. Duchesne, Liber pont., I, p. CVIT; Origines du cultes, p.277; Grisar, Hist. des papes, 11, p. 249.

La question n’est point facile à trancher en raison des contradictions que présentent des documents en soi obscurs et peu dignes de confance; plaçons-les done côte à côte et comparons-les. Ils sont, en définitive, au nombre de cinq, que nous pouvons classer comme il suit, par ordre chronologique : la Depositio martyrum, reproduite par le Chronographe de 354; l’inscription damasienne, qui se place entre 366 et 384; le Martyrologe hieronymien ; le Liber pontificalis et une lettre de Grégoire le Grand (fin du v® siècle). Malheureusement, si nous savons à quelle époque ont écrit le Chronographe, Damase et Grégoire, si nous n’ignorons pas que le Martyrologe a été compilé au v° siècle et que la récension, d’où dépendent les manuscrits qui nous en restent, date de la fin du ve siècle, s’il est certain que le Liber pontificalis, sous sa première rédaction, remonte à la fin du v° ou au début du vr° siècle, nous sommes beaucoup plus embarrassés pour apprécier l'autorité de leurs sources. La Depositio et le Martyrologe dérivent sans doute du calendrier où l’Église romaine notait les noms des saints qu’elle honorait et la date de leurs fêtes ; mais, ce calendrier lui-même à quelle époque remontait-il et que contenait-il au juste? Puisque la Depositio et le Martyrologe ne s'accordent pas complètement, quel est celui des deux qui se rapproche le plus de la bonne source? Il ne paraît pas aisé d’en décider. Quant au Liber pontificalis, dans celles de ses notices qui nous intéressent, il s'appuie sur de notoires apocryphes, ou nous rap-

| CON UA EE he"

porte des traditions invérifiables et impossibles à concilier avec les assertions des autres textes ; il convient donc de n’accorder à ses dires qu’une confiance très limitée et, particulièrement, ceux que contiennent les notices de Pierre et d’Anaclet ne méritent aucun crédit; au temps même de la plus ancienne rédaction du Liber pontificalis, ils ne pouvaient être autres que ce qu'ils sont.

La Depositio martyrum porte donc : ZII Kal. Jul. Petri in Catacumbas et Pauli Ostense, Tusco et Basso cons. S'il s’agit d’une Depositio, ce ne peut être la première, attendu que la date consulaire, soit 258, nous reporte fort loin du martyre des deux Apôtres; il faut donc supposer que notre texte vise une translation. À s’en tenir aux apparences, elle intéresse les deux saints : l’un est alors déposé ad Catacumbas, l’autre sur la voie d'Ostie; on ne nous dit pas où ils se trouvaient auparavant. Malheureusement, cette interprétation qui paraît simple, rencontre tout de suite de grosses difficultés. D’abord du fait de l'inscription damasienne qui dit :

Hic habitasse prius sanctos cognoscere debes

Nomina quisque Petri pariter Paulique requiris.

Ne faut-il pas entendre que les deux Apôtres, c’est-àdire leurs restes, ont habité ad Catacumbas d’abord? Alors, comment expliquer que Pierre y soit apporté seulement en 258? Y aurait-il donc fait plusieurs séjours, dont celui qui commence en 258 ne serait pas le premier? C'est une hypothèse que rien n’appuie.

On peut penser, il est vrai, que les mots, dans une inscription métrique, ne doivent pas être trop pressés et qu’il convient d'entendre prius par autrefois, anciennement, sens qu'il offre, en effet, souvent. On comprend, à la rigueur, qu'écrivant plus d’un siècle après la translation qu'il commémore, Damase en ait parlé comme d’un passé lointain. Il ne paraît pas non plus impossible de traduire prius par avant (Avant d’habiter les basiliques où ils logent aujourd'hui). C’est là, je l'avoue, le sens qui me semble le plus probable, sur cette double considération : 1° que le rédacteur du Catalogue de 354, où se trouve la Depositio, est ce même Philocalus qui a exécuté les inscriptions damasiennes et, qu'entre les deux ouvrages, s’écoulent tout au plus 15 à 20 ans; il aurait fait remarquer au pape la contradiction, s’il en avait senti une, entre l'inscription et la Depositio; 2 qu'il semble que l'accord tende à se généraliser aujourd’hui sur l'opinion qui fait demeurer les reliques apostoliques ad Catacumbas, depuis 258 jusqu’au temps de leur transfert dans leurs basiliques.

Le texte de la Depositio, rapproché de celui de l'inscription, se heurte encore à une autre contradiction : Damase paraît bien supposer que les deux Apôtres ont séjourné ensemble ad Catacumbas, alors que le Chronographe les sépare; or le Martyrologe hiéronymien semble donner raison au pape car il dit : IIT Kal. Jul. Romae via Aurelia. Natale sanctorum

Page 1