Duchesne, Origines du culte*, p
2. Le P. Rinieri, S. Pietro, p. XXXVII, soutient encore le bienfondé de cette opinion; malheureusement le texte le plus décisif qu'il avance, celui du Barbarus de Scaliger, qui est censé reproduire ad litteram le témoignage de Denys de Corinthe (Martyrizsaverunt III Kal. Jul.), n'a aucune autorité: c’est une adaptation tardive du Liber generationis d'Hippolyte et le ms. qui la contient (Cod. Paris. lat. 4884) est d’un temps (VII-VIII S.) où la tradition était assez ferme pour imposer au besoin une correction.
circulait probablement sans mention d'année, en sorte qu’au 11° siècle on devait croire que l’exécution de Pierre et de Paul, sous Néron, et leur fête remontant à 258, s'étaient rencontrées sur le même quantième’? Il est malheureusement tout aussi simple de supposer que c’est l'anniversaire de l'événement de 258 qui s’est conservé, constituant, au 1v° siècle, la date la plus connue, marquant la fête la plus solennelle qui se rapportàt aux Apôtres, ou du moins à leurs restes, etque, par une attraction naturelle, elle a servi à la commémoration de leur martyre, à une époque où on ne pouvait plus se résigner à en ignorer le jour. Qui sait même si on n’a pas d’abord présenté l'événement de 258, dont le sens exact s'était perdu, comme placé tout exprès au jour anniversaire du natale? Au reste, si l’on rencontre divers témoignages de valeur, il est vrai, médiocre, qui semblent confirmer la première explication et fixer au 29 juin, ou à peu près, le nafale de Pierre et de Paul?, il s’en trouve d’autres qui y contredisent absolument. Un Martyrologe syrien, de 412, place la commémoration des Apôtres au 28 décembre et
4. Telle est encore aujourd’hui l'interprétation du P. Rinieri.
2. Le vieux calendrier de Carthage porte (Preuschen, Analecta, p. 124) : Jul.sanctorum... apostolorum; et Lipsius, AAG., IT, p. 405 relève dans le sacramentaire de S. Grégoire le Grand (Muratori, Liturg. rom. vetus, Venise, 1748, t. II, col. 102 et 1404) ; III Kal. Jul. natale sancti Petri. Prid. Kal. Jul. natale sancti Pauli; dans le Calendarium Lyrense (D. Martène et Durand, Thesaurus, IL, 1605): ZI Kal. Jul. natalis apostolorum Petri et Pauli. 11 Kal. Jul. Festum sancli Pauli apostoli. Le Breviarium apostolorum place l'exécution de Paul au 29 et sa depositio au 30 juin.
un calendrier arménien parle aussi du mois de décembre’. D'autre part, la Depositio martyrum, ellemême, porte, à la date du 22 février (VIII Ral. Mart.) une fête intitulée natale Petri de cathedra; et on relève dans le calendrier de Silvius Polemius (de 448, en Gaule) : VIII Kal. Mart. Depositio sancti Petri et Pauli. On trouve enfin dans le Martyrologe hiéronymien (Codex Epternacensis) : XV Kal. febr. (— 18 janvier) dedicatio cathedrae sancti Petri qua primo Romae Petrus Apostolorum sedit. I] n’est pas facile de trouver le bon chemin parmi toutes ces divergences. Au temps où écrivait le Chronographe de 354, il existait à Rome une fête du 22 février; « elle avait pour objet de solenniser le souvenir de l'inauguration de l’épiscopat ou de l’apostolat de S. Pierre. Son rapport avec la fête du 29 juin était exactement le même que celui qui existe entre les deux anniversaires nafalis et depositionis de chaque évêque, anniversaires que les papes, au moins, avaient coutume de célébrer et cela dès la première moitié du 1v° siècle?., » Sa nsdoute, mais cette commémoration du 22 février, d'où venait-elle? Si elle remontait un peu haut, elle ne pouvait pas se rapporter « à l'inauguration de l’épiscopat de S. Pierre » dont, à vrai dire, on ignorait, et pour cause, la date; Erbes pense que c'était elle qui rappelait tout d'abord le Todestag de Pierre et de Paul ; dépossédée