‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 191 sur 221 · Renan, Antéchrist, p. 192; Lipsius, AAG., IT, p · texte numérisé non relu

Renan, Antéchrist, p. 192; Lipsius, AAG., IT, p

il ne serait pas, après tout, impossible que les pre miers aient été trouvés et peut-être réellement conservés sur la voie d’Ostie et, en ce cas, la Depositio martyrum (Pierre aux catacombes, Paul sur la voie d'Ostie) aurait raison et c’est Pierre seul dont le corps aurait été découvert ad Catacumbas; mais je crois plus probable que les reliques de Paul s’étaient perdues depuis le temps de son supplice et qu’on les a retrouvées, comme il convenait, à côté de celles de son co-apôtre; peut-être les a-t-on transportées dès lors sur la voie d’Ostie, dans la propriété d’une certaine Lucine, tandis que Pierre restait à la Platonia, parce que les fidèles n'avaient point encore le moyen de lui trouver une place convenable sur le Vatican; mais c'est là une simple supposition peu vraisemblable et qui, d’ailleurs, n’intéresse que le corps de Paul.

D'où venaient-elles ces vénérables reliques? C’est là vraiment une question saugrenue, encore que Bellarmin, et beaucoup d'autres après lui, l’opposent, comme un argument triomphant, à quiconque doute de leur authenticité. Pour peu qu'on soit au courant de la littérature hagiographique, pareille assurance

fera sourire : « Si Pierre et Paul ne sont pas morts.

à Rome, qui donc apporta leurs corps ? De quel lieu, de quelle époque, en présence de quels témoins ?... Si quelqu'un répondait que les corps des Apôtres ne sont pas à Rome, où peuvent-ils être? » Encore une

1. Bellarmin, De rom. pont., 2, 3; cf. De la Servière, Théol. de Bellarmin, p. 90.

fois, et tout simplement, qu'on veuille bien songer à S. Jacques de Compostelle’ et aussi se demander où reposent Jean, fils de Zébédée, et Jacques, frère du Seigneur, et tous les autres Apôtres. Est-il besoin de prouver que les tombeaux conservés depuis le rv° siècle, dit-on, au Vatican et à Saint-Paul-Horsles-Murs n’apportent aucune garantie à l'authenticité des reliques qu’ils sont censés contenir? En 1594,sous Clément VITE, un tassement du sol, dans la basilique de Saint-Pierre, permit d’apercevoir le sarcophage de l’Apôtre; c'était une bonne occasion d’en vérifier le contenu; mais « en ce lieu vénéré, le respect religieux l’a toujours emporté sur l'intérêt scientifique?, » et le pape « craignant peut-être de ne rien trouver par suite de quelque profanation *, » fitsoigneusement reboucher et murer l'ouverture. Grégoire XVI eut aussi, paraît-il, l'intention de faire ouvrir le sarcophage de $S. Paul, mais l’exemple de Clément VIII l'en détourna'. Or, s’il est impossible de dire ce qu’on aurait découvert au fond du cercueil des deux Apôtres, on sait bien du moins que leurs restes ne s’y . trouvent pas tous : leurs têtes, enfermées dans des bustes d'argent, sont montrées à Saint-Jean-de-Latran et l’on affirme que Saint-Paul-Hors-les-Murs et Saint- Pierre du Vatican possèdent réciproquement une moitié du corps de chaque martyr. La division des 4. Dom Leclercq, L'Espagne chrétienne, p. 31 etss.

‘ 2. Grisar, Hist. des papes, I, p. 247, n. 4.

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