Grisar, Hist. des papes, I, p
c’est bien plutôt un gage d'authenticité pour les mo-: numents et pour les récits de l’histoire‘. » Le savant historien de la Rome du moyen âge croit impossible que le séjour et l’action de l’Apôtre dans la Ville n’aient pas laissé « des souvenirs locaux, des traditions attachées à des monuments, indépendamment même de la sépulture, » tout en convenant que ces traditions n’ont pas pu se défendre « de l’afflux des scories impures?. » Les « scories » sont visibles, en effet ; l'imagination populaire qui crée les légendes, porte en soi une activité et une logique à laquelle les textes eux-mêmes ne résistent pas; elle éprouve le besoin invincible de rendre toujours plus précise et plus concrète la représentation qu’elle se fait des choses et des événements; et elle y parvient particulièrement en plaçant ses récits dans le cadre matériel qui lui est familier; elle en rattache les épisodes à des objets ou à des lieux, dont la permanence lui paraît les garantir, alors que bien souvent, ils les ont tout simplement suggérés. On commence par dire, je suppose, que Pierre a combattu la mauvaise doctrine de Simon, puis on met en présence l’Apôtre et l’imposteur ; ils échangent d’abord des raisons et des arguments; bientôt on les remplace par des prodiges et on en produit le détail; Simon, dit-on, a prétendu monter au ciel : miracle invraisemblable? Que non; c'était dans le cirque; tout le peuple de Rome