Dufourcq, Gesta Mart., I, p
compté parmi les disciples de Pierre dans les Acta Nerei et Achillei'; Narcisse, que Paul salue en Rom. XVI, 14, tout en restant son disciple, se montre, dans les Actus Vercellenses, sous la forme d’un prêtre romain, actif auxiliaire de Pierre quand ce dernier arrive dans la Ville. Cette adaptation à l’œuvre romaine de Pierre de personnages pauliniens me semble plus qu’intéressante ; elle jette sur les origines de la légende pétrinienne un jour révélateur.
Une tradition place le centre de l’activité rmissionnaire de Pierre au cimetière Ostrien, que les uns trouvent sur la voie Numentane au coemeterium majus (de Rossi) et d’autres sur la voie Salaria, dans la partie la plus ancienne du cimetière de Priscille (Marucchi). Dans une crypte du premier, on montre, creusée dans le tuf, la sedes ubi prius sedit sanctus Petrus et, sur les murs du second, on relève plusieurs fois les noms IHIETPOS, PETRVS, PAVLYS, « qui rappellent très probablement des fidèles convertis par les apôtres?. » La sedes du coemeterium majus est, sans contestation possible, très postérieure à S. Pierre (Marucchi); et toute l’argumentation de Marucchi, touchant la catacombe de Priscille, repose sur son interprétation de l’histoire de Pudens et de Prisca, c’est-à-dire sur peu de chose, et Les quelques indices qu'il s'efforce de recueillir dans le cimetière lui-même, pour la fortifier, ne dissimulent
4'MEdit. Achelis, ap. Text. u. Unters., XI, 2, 1893, p. 44, 12 : Hal étépuy Thclsruv adroÿ ualnrüy 0 Tiros eine ro àrootéu 2. Marucchi, Archéol., I p. 386.
pas sa faiblesse!. La légende de la prédication de
Pierre dans le cimetière Ostrien n’a d'autre appui que les Actes du pape Libère, apocryphe du v° siècle et, st Marucchi a raison, si c’est à la catacombe de Priscille que le rédacteur de cette pièce a songé, cela prouve
simplement qu'il se rendait compte de son ancienneté et savait peut-être qu'elle avait été, avant l’éclat dont fut revêtu le cimetière de Calliste, au im siècle, la
véritable domus ecclesiæ, le centre de la vie ecclésias-
tique romaine, le siège de son administration?. Je ne dis rien du baptistère de Pierre, ad S. Petri Nym= phas, mentionné dans les Actes de Marcellus (16 janvier) etdans ceux de $. Cyriaque*. N’estil pas évident que Pierre n’a pas baptisé ses prosélytes n'importe où et qu’on a retrouvé nécessairement l'endroit choisi par lui?
In'y pas lieu de prêter plus d'attention à la légende
del’emprisonnement des Apôtres dansla prison Mamertine, au lieu où s'élève aujourd'hui l’église de Saint- Pierre in Carcere ; ce sont là des racontars du moyen âge, mêlés aux inventions hagiographiques les plus invraisemblables*.
Au me siècle, on. parlait communément de la chaire de S. Pierre, sur laquelle les évêques de.
Rome étaient censés s'asseoir; ce n'était, je pense,