II AVANT-PROPOS
les documents et les raisons qui ne les favorisent pas. Les uns et les autres ont toujours à la bouche l’accusation de mauvaise foi, de préjugé, voire de haine; et les théologiens, c’est leur originalité, y ajoutent d'ordinaire celle d’ignorance et d’inintelligence; jamais celui qui ne partage pas leur doctrine ne les a compris; une nuance essentielle de leur pensée lui échappe toujours ; pour y voir tout à fait clair, il lui manque les lunettes théologiques, j'entends la mentalité d’un théologien; et, en un sens, c'est vrai. L’ambition constante de ces doctrinaires est d’accaparer les faits, de les plier à leurs thèses et, au plein de leurs postulats, ils proclament que la vérité toute nue, l’évidence la plus brutale, les guide et les soutient. Comme je ne veux point les imiter, je ne leur ferai point l’injure de suspecter leur bonne foi; il en est assurément, et uon des moins notables, qui en manquent tout à fait et personne n’en doute ; mais ils sont beaucoup moins nombreux que certains ne l’imaginent; les autres portent des œillères et ne voient que devant eux. Incapables de penser et d'écrire sans se laisser dominer par l’a priori d’une proposition de foi ou d’ane conclusion politique, ils se montrent de mème incapables d'accepter qu’un chercheur puisse n’avoir à défendre aucun intérêt, et toute proposition qu’il avance à son tour, toute conclusion quil établit, se trouvent d'avance suspectes de complot contre Dieu ou contre la raison, contre l'Église ou pour elle. Tout cela n’aurait aucune