Loisy, Syn., IL, p. 8. ë
2. Loisy, Loc. cit.; M. Batiffol, Égl. naiss., p. 104 et s., avoue bien que l’expression mon #glise est sans analogue dans le Nouveau Testament, mais il ajoute qu'il serait plutôt inquiété par les analogies, « car, si le logion était d’origine récente, n’y retrouverait-on pas quelque chose du langage des épîtres pauliniennes et des Actes ? » Je ne saisis pas bien la logique de ce raisonnement, mais je vois très clairement ce que notre verset 148 emprunterait d'autorité à la présence en Mc., par exemple, de deux ou trois expressions analogues à mon Église. On trouve, il est vrai, en Mt. XX, 25, êv «ÿ Baorela sou; en Mt. XIIT, #1, il est question du royaume du Fils de l'homme ; mais, outre que ces expressions ne sont point mises dans
pensée de Jésus, hors de l'histoire évangélique, pour nous reporter loin dans les temps apostoliques, ou même post-apostoliques!.
Diverses considérations fortifient cette conclusion et achèvent de la rendre inébranlable. Le mot Église ne paraît que deux fois dans les Synoptiques : dans notre verset 18 et en Mt. XVIII, 17, où Jésus indique les moyens convenables pour ramener à la paix un frère qui nous à offensés : il faut chercher à le convaincre en particulier; sl résiste, il faut faire appel à la médiation de quelques personnes de confiance; s’il s’entête, « il faut le dire à l'Église » (eirèy Ti éxxAnsia). Qu'en cet endroit même l'expression Église soit primitive, il y a lieu d’en douter, attendu que nous lisons en Zc. XVII, 3-5 : « Si ton frère a péché (à ton égard?) reprends-le et, s'il se. repent, pardonne lui. Et quand il t’offenserait sept fois le jour et que sept fois il revienne, te disant : je me repens; pardonne lui. » Voilà, au fond, la même idée qu’en Mt. XVIIT, mais combien plus simple dans
la bouche de Jésus et qu'elles peuvent se justifier chez ceux qui les emploient, elles ont toutes chances d’appartenir à l’âge apostolique; on lit dans le seul'Le. XXII, 30 : ëv tr Baorkeia ou, qui paraît, à considérer l’ensemble du développement dans son rapport avec les passages analogues de Mc. et de Mt., appartenir en propre au rédacteur. Si on n'accepte pas cette conclusion, il faut au moins convenir qu'une expression unique dans les Synoptiques ne saurait. prévaloir contre celles que nous fournissent un grand nombre de textes : le Royaume de Dieu (Mt. XI, 28; Le. XVII, 20; XIX, 14); le Royaume du'Père (Me. XI, 10) ; le Royaume des Cieux (Mt. XI, 12; XVIII, 1; etc.).
4. B. Weiss, Lehrb. d. bibl. Theologie”, p. 105: Harnack, LDG., DUp 076:
la forme et plus voisine de la pensée ordinaire de Jésus. En tout état de cause, si, comme le veut Mt. XVIII, 17, le Christ: a réellement employé le mot Église, il ne l'a pris que dans son sens courant d’as- ‘semblée, tel qu'il est usité dans la Septante: et tel qu'il semble qu’il ait été employé de son temps, concurramment au mot synagogue, pour désigner les communautés juives de Palestine?; de sorte qu’en définitive notre Mf. XVI, 18 représente le seul emploi du mot dans son acception de société spirituelle de tous les fidèles. Il y a donc lieu de n’accorder guère de confiance à un terme à la fois si précis et si inusité dans la bouche de Jésus. A s’en tenir non seulement aux Synoptiques, mais à l’ensemble des écrits du Nouveau Testament, l’idée d’une union pour le salut commun n'a pas été courante dans les communautés chrétiennes primitives ; la formule « hors de l'Église point de salut » ne leur eût guère présenté de sens ; car elles croient que le salut a été apporté à chaque fidèle en particulier et que chacun se tient devant le Père dans la plénitude de son initiative et de sa responsabilité$.
Un homme, cependant, dès les premiers temps de