Mangenot, Rev. prat. d'apologétique, VIT, 63, p
pour le ramener à de meilleurs sentiments, et que s’il reste sourd à nos avances, s’il se dérobe à l’arbitrage de deux ou trois personnes de confiance, « il faut le dire à l’Église. Et s’il ne veut pas écouter l'Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain. En vérité je vous le dis, tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié aussi dans le ciel et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié aussi dans le ciel. » Nous avons déjà cru pouvoir affirmer, il y a un instant, en la comparant à la version de Zc., que cette façon de présenter les choses appartenait à la rédaction matthéenne bien plus vraisemblablement qu’au langage authentique de Jésus ; les derniers mots du verset 17 accentuent encore notre conclusion : « Qu'il soit pour toi comme un païen et un publicain. » N’est-il pas en effet étrange de voir le Maître « autoriser implicitement le mépris à l'égard des publicains, » sentiment tout juif et qui s’accorde mal avec son attitude ordinaire’? IL reste au fond du texte, si nous en négligeons la forme, une tradition que l’orthodoxie tient pour authentique, autant que celle qui se trouve en Mt. XVI, 18 et 19, et qui semble accorder à l'assemblée des fidèles, à l’Église tout entière, un pouvoir d’arbitrage et de décision dans les querelles entre les frères, d’abord (versets 15-18); et, d’une manière plus générale, le pouvoir de lier et de délier, celui-là même que Mt. XVI, 19 semblait réserver au seul Pierre.