‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 27 sur 221 · Sermon sur l'unité de l'Eglise · texte numérisé non relu

Sermon sur l'unité de l'Eglise

eux et individuellement (A4. XVI); cette double circonstance suffisait à assurer sa primauté.

Aujourd’hui, le peu de confiance que nous inspire la chronologie des Évangélistes et les doutes que soulève l’historicité du IVe Évangile, ne laissent plus guère de valeur à des arguments comme ceux que nous venons de rappeler et l’apologétique romaine incline à une autre interprétation. Elle accepte avec empressement la suppression du et oè (inte, en Mt., XVIIL, 17), et elle en prend avantage pour affirmer, au mépris du texte de Le., parallèle, qu'il ne s’agit pas en l’occurrence de régler les débats entre frères, mais seulement de lier et de délier les péchés; et ainsi le pouvoir de juridiction de Pierre se trouve à l'abri; elle affirme d’ailleurs que ce droit de lier et de délier est donné, selon l’Évangéliste, c’est-à-dire par le Christ lui-même, « non pas à l’Église considérée comme l'association des fidèles, mais à l’Église unie à ses chefs, aux Apôtres qui sont constitués en elle juges de ses péchés. Et ce pouvoir concédé aux Apôtres à qui ce discours est directement adressé (XVIIT, 1) ne détruit pas celui qui précédemment avait été accordé spécialement à Pierre. Les Apôtres le partagent avec lui‘ ». Nous connaissons cette adaptation que nous avons déjà rencontrée sous la plume de Bellarmin. Il est juste de dire que plusieurs exégètes libéraux ne la jugent pas inacceptable : M. Loisy, par exemple, pense que c'est aux Apôtres et non à la com-

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