B. Weiss, Lehrb. d. bibl, Theol.7, p
une large. mesure, d’ailleurs, si nous bornons la portée du Tu es Petrus au temps de la vie de l’Apôtre, Pierre avait justifié la parole matthéenne; il avait été le rocher sur lequel l'Église s’était fondée. Le livre des Actes nous permet d’entrevoir ‘son importance dans le monde apostolique; le témoignage de Paul confirme notre impression; et qui pourrait affirmer que notre Mt. XVI, 18-19 n’a pas une de ses racines dans celte affirmation paulinienne que le Seigneur avait agi en Pierre cfficacement (Gal. IF, 8 evsoyñoas Iérow) pour le faire apôtre des Juifs ? N’oublions pas, d’autre part, que la tradition judéo-chrétienne eût tout de suite tendance à grandir Pierre pour le placer en face de Paul. On dirait, remarque M. Loisy', que M{.XVI, 17 a été conçu en vue de Gal. 1, 12 et 16, et que le rédacteur matthéen emploie avec intention les mêmes lermes que Paul?. « Et comme Paul avoue au même endroit (Gal. I, 13) qu’il a commencé par persécuter l'Église de Dieu, la situation de Pierre, fondement de l'Eglise, apparaît dans le jour le plus favorable. » A côté de cette intention anti-paulinienne, je vois aussi dans notre M{. XV, 17 et ss., le désir de corriger un peu l'impression laissée par Mc. sur les Apôtres galiléens et qui ne leur est pas
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2. Gal. I, 12 proclame la mission de Paul fondée sur une révélation particulière de Jésus : oùdè yap ëyo rapà &vüponou mapéAa6oy avrè oùte EO4yOnv, GAAX de’anoxa)UVeuwc ’Incod Xpiotoë. Gal. I, 46 : . änoxalUbar Tèv vièv aÿtoù ëv émoi..….. Je rappelle le texte de Mt. XNI, 17 : paxépioc et Zipoy Baptwva, Gte oùpE xal aîua oÙx dmenthubéy oo &A1'6 marñp mov 6 Êv toïc oÙpavotc.
très favorable; celui d’atténuer, plus encore que ne le faisait sa source, le fâcheux effet produit par le reniement de Pierre; celui surtout d'affirmer qu'il existe une tradition de Pierre, que l’Évangéliste luimême professe, qui dépasse la personne de l’'Apôtre et qui est l’âme même de l'Église’. C’est les yeux fixés sur le présent — le sien — c’est aussi pour le présent, le même, que l'Évangéliste a écrit ses trois versets, sans aucun souci de la rigoureuse vérité historique.
Il est difficile de dire exactement d’où viennent ces trois versets, de fixer l’intention pratique qui a déterminé le dernier rédacteur ou un interpolateur de Mt. à les introduire où nous les lisons. Certains critiques ont songé à une projection dans le texte matthéen des prétentions romaines, dont notre passage nous offrirait, par conséquent, le plus ancien témoignage?. Si cette hypothèse se vérifiait, l’origine et fa portée de nos versets se trouveraient éclaircis ensemble; malheureusement, il y reste de grosses difficultés*. Sans doute, la chute en Mt. XVI de cette interpolation romaine ne suppose pas nécessairement la rédaction de l’ensemble du I* Évan-