Turmel, Hist, de la théol., IL*, p. 200 et ss
exégètes libéraux, comme M. Loisy, voient encore dans l’ordre et la promesse adressés à Pierre, selon Le. « l'équivalent des paroles d’investiture qu’on a trouvées plus haut dans le premier Évangile(M#.XVI, 17-19). » Et un peu plus loin : « Les paroles qui sont ici attribuées à Jésus réfléchissent un souvenir très précis et un sentiment très net de la conscience chrétienne, touchant la place et l’action de Simon- Pierre dans la communauté apostolique? ». Il m’est impossible de partager cette opinion et la portée du texte en question me paraît beaucoup plus restreinte. Je suis même persuadé, que sans la suggestion traditionnelle qu’exerce le Tu es Petrus et qui se projette sur lui, personne ne se serait avisé de lui donner une interprétation si ample ; pour le faire, en effet, il faut l’arracher de son cadre, changer sa perspective. Il y à fort longtemps que le théologien gallican Richer* a fait remarquer que ce con/firma fratres ne s'entend bien que limité aux circonstances où l’Evangéliste le place : Jésus prend son dernier repas avec les Apôtres et il leur donne ses instructions suprêmes; il confie à Pierre le soin de raffermir ses frères dans l'effroyable épreuve que ses souffrances et sa mort vont faire subir à leur foi‘. Historiquement il faut