C. Pasce oves (Jn., XXI, 15 et ss
Le texte johannique est d'interprétation plus difficile et il présente, aussi, plus d'intérêt. Il nous vient
une portée générale; mais personne n’a jamais dit que la foi de Pierre avait subi une défaillance au moment du reniement; il s’agit de son courage, ce qui est tout autre chose.
1. Holtzmann, HDC. 1#, p.412, rapproche justementle Confirma fratres du Pasce oves.
du IVe Évangile, où il est ordinairement malaisé de reconnaître les traditions et plus encore les expressions primitives, sous les déformations que leur impose le parti-pris du rédacteur; de plus, il prend place dans ce chapitre XXI et dernier, dont on ne sait trop d’où il vient et qui ne sort certainement pas de la même plume, qui ne reflète pas la même inspiration que les vingt autres; enfin, il est placé dans la bouche de Jésus ressuscité, au milieu des épisodes de sa seconde vie terrestre, dont nous retrouvons les éléments dispersés ailleurs et dans un autre cadre de circonstances !.On peut croire que Le. et le rédacteur de Jn., XXI ont puisé à la même source, en ce qui touche, du moins, au récit de la pêche miraculeuse qui précède le dialogue johannique de Jésus et de Pierre; mais, d’où est venu ce dialogue lui-même? Le. ne l’ayant pas reproduit, ily a lieu de penser qu'ilne se trouvait pas dans la source. Il ne reflète pas non plus la préoccupation très wisible dans le corps du IV° Évangile, qui est de placer « le disciple bien-aimé » avant Pierre?. Faut-il donc conclure, incliné qu’on y peut être par l'emploi du mot Simon, qu’il nous offre tout simplement une version, originale dans la forme, du Tu es Petrus, comme certains en voient une autre dans le Confirma fratres; en sorte que nous devrions entendre dans ces trois textes comme trois échos de la même tra-"
1. Rappelons que Le. V, 4 et ss., place la pêche miraculeuse: tout au début de la prédication de Jésus.