‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 41 sur 221 · Loisy, Syn., Il, p · texte numérisé non relu

Loisy, Syn., Il, p

et à plus forte raison en Gal. II, 9, marque réellement entre eux deux une différence quelconque de dignité? Je ne le vois pas. Pierre allait prêcher au dehors sans doute, mais pas toujours; et en quoi cela pouvait-il altérer sa primauté de droit? Nous en revenons toujours à la même constatation : Pierre jouit d'une grande considération et d'une grande autorité pratique; en théorie, il n’est plus que les autres Apôtres, pas plus même que Jacques; dans cette société chrétienne primitive, il n'existe pas d’autre source officielle d'autorité que l'Esprit.

Ce n'est donc pas non plus au Chef Suprême de l'Église que Paul est venu rendre visite une première fois (Gal. I, 18), mais au plus connu des Apôtres, à celui qui, jouissant d’un grand prestige personnel, lui semblait peut-être, par ses premiers contacts avec les Gentils, mieux disposé que les autres à comprendre son œuvre.

Arrêtons-nous : au reste, je ne sache pas qu’on avance beaucoup de textes, en dehors de ceux que nous venons de passer en revue, pour faire la preuve de l’exercice de la primauté de Pierre dans l’Église apostolique. Or, non seulernent aucun d'eux ne nous a prouvé l'existence de cette primauté, mais encore ne nous a permis de croire qu’elle existât : en revanche, tous se sont accordés à nous persuader que Pierre occupait une haute situation dans le monde apostolique, qu'il était un de ses inspirateurs, ainsi

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