I Cor. XI, 20 et ss
Gentils à judaïser®? » (IT, 14). À moins de décider que Paul n’a pas écrit la vérité, ou que l'Épitre aux Galates est apocryphe et inventée à plaisir pour rabaisser le Prince des Apôtres, il est difficile de ne pas croire qu'en toute cette affaire Simon Pierre a tenu une attitude difficile à concilier avec sa primauté de juridiction. Sur un point capital et qu’il était d’autant plus nécessaire de régler qu’il prêtait à plus d’après discussions, il n’a pas su porter une décision ferme, il ne s’est pas même arrêté à une ligne de conduite droite; oscillant entre Jacques et Paul, il s’est exposé aux mauvais compliments des deux.
L’attitude de Paul est tout particulièrement significative ; aussi des théologiens romains ont voulu l’atténuer, s’efforçant d'établir qu'aucune question de principe n’était en jeu, puisque Pierre et Paul se trouvaient au fond d'accord, mais seulement un changement dans la conduite de Pierre, une faute toute privée, dont Paul pouvait s’étonner sans porter atteinte à l’autorité souveraine du Prince des Apôtres. C’est ainsi qu'aujourd'hui encore tous les actes du pape et même toutes ses fautes, s’il vient à en commettre, n'engagent pas nécessairement son infaillibilité; ik faut distinguer‘. Malheureusement les textes ne sont pas ici favorables à la distinction. L’attitude de Paul
4. Cette interprétation de la querelle de Pierre et de Paul à Antioche se trouve déjà chez Tertullien. De præscrip. 23 : la faute de Pierre fut une faute de conduite et non d'enseignement (Conversationis fuit vitium, non praedicationis) : c'est comme si Pierre avait réprimandé Paul d’avoir circoncis Timothée tout en repoussant la circoncision.
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à Antioche et son langage dans l’Épitre aux Galates, prouvent « simplement, » mais ils prouvent que la primauté de Simon ne se présentait pas et n’était pas considérée comme un pouvoir de domination. Je n’oserais pas ajouter, avec M. Loisy, qu’au témoignage même de Paul, « Simon Pierre était le chef du service évangélique, l’homme avec leque! il fallait se concerter sous peine de travailler en vain, » parce que ces termes reconnaissent encore à l’Apôtre une mission spéciale, une sorte de mandat officiel que je ne vois réellement pas°; les textes ne me paraissent montrer en Pierre qu'un Apôtre personnellement très influent, si l’on veut, le plus influent. Que la querelle ait été passagère entre Paul et lui, je le veux; que dans le fond il se soit senti plus près de Paul que de Jacques et que, continuant d'évoluer, il se soit rapproché de plus en plus de lui, il se peut également, et nous reviendrons sur ce point ; il n’en reste pas moins que, dans une circonstance où un principe capital se trouvait en jeu, Pierre n’a pas su très bien ce qu'il voulait, que sa première manière de faire a été nettement blâämée par Jacques, et la seconde par Paul, sans qu'il ait cru utile, dans aucun cas, de se prévaloir de son pouvoir de juridiction.
Faut-il enfin avancer un dernier texte? La tradition romaine continue de reconnaître comme authentiques